"Ça ne les regarde pas " : la proposition de loi "anti-fessée" devant les députés est loin de convaincre tous les parents

Illustration d\'un enfant se faisant fesser (Paris, mars 2015). 
Illustration d'un enfant se faisant fesser (Paris, mars 2015).  (LOIC VENANCE / AFP)

L'Assemblée nationale relance jeudi le débat sur l'interdiction des fessées et plus généralement des "violences éducatives ordinaires". Du côté des parents, on est plutôt partagé. 

Faut-il interdire la fessée ? La question fait débat jeudi 29 novembre à l'Assemblée nationale. Les discussions sont relancées par une proposition de loi portée par des députés MoDem afin d'interdire "les violences éducatives ordinaires". La visée du texte est pédagogique car si elle est votée, la loi ne prévoit pas de sanction pénale. Face à l'interdiction possibles, les réactions des familles sont assez nuancées.

Une punition "expliquée"

"Ça ne les regarde pas", s'agace une maman. Pour elle, l'État n'a pas à s'immiscer dans l'éducation qu'elle donne à ses enfants. "C'est aux parents de savoir ce qui est bon pour un enfant ou pas", ajoute-t-elle. Et elle donne des fessées, n'ayant aucun problème avec ce geste. "Cela m'arrive, confie-t-elle. Après je leur explique pourquoi. Je pense qu'il faut expliquer aux enfants pour qu'ils comprennent que c'est une punition et que ce qu'ils ont fait est mal." Cette mère de famille précise qu'elle "ne se défoule pas" pour autant ses enfants. 

Un "principe éducatif" pour certains

Un père de famille, lui, voit la fessée comme un principe éducatif. "Ça remet les idées en place, explique-t-il. Il n'y a aucune violence." Il ne voit pas de quelle autre solution il dispose pour assumer son rôle. "Si on ne met pas de fessées, comment éduquer notre enfant ?", questionne-t-il. Lui-même a été élevé ainsi. "J'en ai reçues plusieurs et aujourd'hui, ça va très bien. Au contraire, je remercie mon père et ma mère de m'en avoir mis", lance-t-il.  

Une loi "inefficace" pour d'autres

Marianne ne voit pas en quoi cette loi serait efficace. "Ça va servir à quoi, ils ne vont pas aller vérifier chez les gens. De temps, en temps, ça peut peut-être aider à passer à autre chose", indique-t-elle. "Mais ce n'est pas toujours évident de ne pas s'énerver, de toujours gérer... L'éducation, personne n'a dit que c'était simple", résume cette maman.

Si la mesure est adoptée, la France deviendrait le 55e État dans le monde à interdire totalement les châtiments corporels sur les enfants.

Les parents mitigés face à la proposition de loi "anti-fessée" : un reportage de Farida Nouar
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