Indre : la maternité du Blanc évacuée après une décision de fermeture

Des manifestantes vêtues de costume inspiré de \"La Servante écarlate\" protestent contre la fermeture de la maternité du Blanc (Indre), le 19 octobre 2018.
Des manifestantes vêtues de costume inspiré de "La Servante écarlate" protestent contre la fermeture de la maternité du Blanc (Indre), le 19 octobre 2018. (MAXPPP)

Les accouchements dans cette maternité avaient été suspendus en juin et jusqu'à fin octobre en raison d'un "manque de personnel".

Elle était occupée depuis une huitaine de jours. Les forces de l'ordre procèdent mardi 30 octobre à l'évacuation de la maternité du Blanc (Indre), depuis une huitaine de jours après une décision de fermeture prise par l'Etat, rapportent des occupants et un adjoint au maire. Les accouchements étaient suspendus depuis juin à la maternité jugée "dangereuse" par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

"L'évacuation a débuté vers 4h30. Nous étions 70 personnes sur place, dont une dizaine d'enfants", a expliqué l'une des occupantes. "Nous avons droit à un gros déploiement de forces de l'ordre comme réponse de l'Etat", a déploré Wilfried Robin, adjoint au maire et lui-même occupant de la maternité. "C'est scandaleux alors que nous sommes pacifiques et non violents et que nous avons pris soin de maintenir les locaux en l'état", a-t-il poursuivi. "On a même eu des évacuations sur fauteuil roulant." Parmi les enfants, évacués avec un de leurs parents, il y a "quelques tout-petits de 2 ou 3 ans." 

"Toutes les personnes ont été évacuées, il y avait 80 personnes à l'intérieur, des habitants, des élus, a confirmé mardi matin sur franceinfo la maire du Blanc, Annick Gombert, qui était elle-même sur place. Pour le moment, on est parqués dans une salle de l'hôpital, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre."

Le gouvernement n'a rien compris et continu à fermer des services publics dans les zones rurales, c'est une aberration totale.Annick Gombertà franceinfo

Il y a deux semaines, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait estimé que cette maternité était "dangereuse", invoquant les "très mauvaises pratiques" mises au jour dans un "audit", au-delà d'un manque d'obstétriciens qui avait justifié sa fermeture provisoire. 

Les accouchements au Blanc, commune de 6 500 habitants, avaient été suspendus en juin et jusqu'à fin octobre en raison d'un "manque de personnel". Les femmes sont depuis dirigées vers Châteauroux, Poitiers et Châtellerault, à plus d'une heure de route. Début octobre, un rapport d'expertise commandé par l'agence régionale de santé avait préconisé l'ouverture d'un centre de périnatalité, sans accouchements. Trois gynécologues-obstétriciens avaient cependant présenté un projet de relance des accouchements.

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