Un antidote au fentanyl dans l'équipement des policiers canadiens

EN BREF - La police canadienne a annoncé ce 13 septembre la distribution à ses membres d'un antidote aux opiacés pour endiguer la flambée des cas d'overdoses mortelles au fentanyl, un puissant sédatif.

Le fentanyl est souvent prescrit dans les cas de cancers ou de maladies chroniques. C'est ce médicament antidouleur qui a notamment causé la mort du chanteur Prince en avril dernier.

Or, "bien que le fentanyl soit un analgésique légitime qu'on peut utiliser à des fins médicales sous la supervision d'un médecin, il se taille une place de plus en plus grande dans le marché des drogues illicites", a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans un communiqué. Depuis le début de l'année, les overdoses mortelles au fentanyl auraient pratiquement doublé, principalement dans les provinces de l'Ouest. Au printemps, la Colombie-Britannique avait décrété l'urgence sanitaire publique, une disposition prise pour la première fois au Canada dans le cadre de la loi sur la santé.

Avec le rythme des décès sur le seul premier semestre, les chiffres déjà alarmants l'an dernier seront largement dépassés. En 2015, 474 décès par overdose ont été dénombrés, dont un sur trois lié au fentanyl.

La GRC indique que ce produit, "d'une puissance estimée à 100 fois supérieure à la morphine, peut être absorbé très rapidement par le corps. A l'état pur, une dose d'à peine deux milligrammes, soit l'équivalent de quelques grains de sel de table, peut tuer un adulte".

"Le fentanyl peut être absorbé par la peau et peut être inhalé accidentellement, si de la poudre est en suspension lorsque le produit n'est pas manipulé prudemment", insiste la GRC dans le communiqué. De ce fait, elle va procéder à "la distribution [aux policiers] de naloxone, un antagoniste d'opiacés à administrer par les voies nasales. Le naloxone peut servir à contrer les effets du fentanyl sur les policiers de la GRC ou sur des personnes en détresse médicale en raison d'une exposition au fentanyl."

Le gouvernement canadien a prévu le mois dernier de prendre des dispositions pour contrôler six substances chimiques entrant dans la fabrication de ce puissant sédatif. Ces composants chimiques qui ne sont pas réglementés, et dont tirent profit le crime organisé et les trafiquants de drogue, seront ajoutés à la liste des drogues interdites, comme la cocaïne ou l'héroïne, a promis le ministère canadien de la Santé.


Vidéo présentant les dangers du fentanyl, diffusée par la Gendarmerie Royale du Canada.

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