Légère hausse des ventes de cigarettes, une première depuis six ans

Après six années de baisse consécutives, les ventes de cigarettes en France ont pour la première fois enregistré une hausse de 1% en 2015, liée à une stabilité des prix, mais aussi à des contrôles accrus aux frontières, qui ont fait baisser les achats de cigarettes dans les pays voisins.

Au cours de l'année 2015, 45,46 milliards de cigarettes ont été livrées aux buralistes dans l'Hexagone, soit une hausse de 1% par rapport à l'année 2014, selon des premiers chiffres publiés le 11 janvier 2016 par Logista France, fournisseur de la quasi-totalité des buralistes. 

En valeur, la hausse de ventes des cigarettes est de 1,2%, ce qui correspond à 15,34 milliards d'euros. Si l'on prend en compte le total des ventes de tabac (incluant cigares, tabac à rouler...), elles s'établissent à 56,32 milliards d'unités, enregistrant une hausse de 1,6% sur 2015.

Les deux années précédentes, les ventes de cigarettes avaient enregistré des baisses en volume de 5,3% en 2014 et 7,5% en 2013.

"Si les ventes de cigarettes légales (chez les buralistes) ont augmenté de 1,2% en valeur, la consommation elle, est restée absolument identique. A ce jour, aucun élément ne permet d'affirmer que la prévalence, soit le nombre de fumeurs, a augmenté", a expliqué à l'AFP Eric Sensi, directeur des affaires corporate chez Seita, filiale française du cigarettier britannique Imperial Tobacco. "Ce n'est pas la consommation de tabac  qui augmente mais bien les ventes légales chez les buralistes au dépend des flux transfrontaliers. Il ne s'agit que d'un simple transfert des achats illégaux vers les achats légaux", précise-t-il. Par ailleurs, "les événements récents ont entraîné des contrôles aux frontières plus importants, donc à moins de recours aux achats de cigarettes transfrontaliers ces derniers mois", a-t-il souligné.

Stabilité du prix du tabac

Pour Pascal Montredon, président de la confédération des buralistes, "depuis Charlie et les attentats de novembre, les personnes réfléchissent à deux fois avant d'acheter plus de quatre cartouches de cigarettes à l'étranger (le maximum légal), sachant qu'ils seront contrôlés". Autre élément d'explication : la stabilité des prix.

Après une augmentation de 40 centimes en octobre 2012, puis de 20 centimes en juillet 2013, la dernière hausse du prix des cigarettes est intervenue en janvier 2014, portant le prix du paquet le moins cher à 6,50 euros, et celui du plus cher, pour la marque la plus vendue (Marlboro), à 7 euros.

"Sur l'année, cette stabilité a conduit à un resserrement des écarts de prix avec les pays voisins de la France", ajoute M. Sensi. En France, 80% du prix du tabac est constitué de taxes, 8,74% reviennent aux buralistes, et le solde aux fabricants.

Pour Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l'hôpital La Pitié-Salpêtrière (AP-HP) et président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT), "le gouvernement a renoncé à une augmentation des prix du paquet de cigarettes en 2015, une politique voulue, qui a fait gagner de l'argent. L'Etat devrait plutôt faire de la prévention de santé", a-t-il dit. M. Dautzenberg, comme les buralistes ou certains fabricants demandent "une vraie mesure de consommation du tabac en France, c'est essentiel", ajoute-t-il.

Le tabac à rouler, prisé des jeunes, a lui aussi enregistré en 2015 une hausse de 5,9% en volume, à 9,24 milliards d'unités. Ce tabac "est beaucoup moins taxé. Auparavant, avec un paquet de 30 grammes de tabac à rouler, on faisait 40 cigarettes et maintenant, c'est 60 à 80 car la technologie du tabac a été modifiée", regrette le professeur.

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