Le gouvernement interdit le marketing "glamour" des cigarettiers

Adieu "Vogue", "Corset", "Fine", la ministre de la Santé a annoncé mardi 31 janvier l'interdiction de certaines marques de cigarettes jugées trop attractives. Les industriels devront renommer leurs produits pour poursuivre leur vente. 

Après l'obligation des paquets neutres, le gouvernement continue sa lutte contre le tabagisme. "Il y a des marques qui ne seront plus autorisées, des marques qui sont attractives, qui donnent le sentiment que fumer ces cigarettes c'est chic, ce qui n'est évidemment pas l'esprit du paquet neutre", a indiqué Marisol Touraine, ministre de la Santé sur RTL.

Les appellations ainsi interdites sont Vogue, Corset, Fine et Allure (cigarettes fines) ainsi que les marques de cigares et cigarillos Café crème, Paradiso et Punch, a précisé le ministère.

L’association Droits des non-fumeurs (DNF) s’est réjoui de cette "excellente décision pour contrer encore le marketing de l’industrie du tabac, pour empêcher que le consommateur ne soit induit en erreur, pour éviter qu’on cherche à le faire rêver d’un produit mortifère".

A l’inverse, Seita, distributeur de Fine, dénonce une "décision arbitraire ayant pour seul but de stigmatiser toujours les consommateurs qui font le choix de fumer".

L'arrêté doit paraître au Journal officiel mercredi 1er février. Les fabricants de cigares concernés auront encore le droit de vendre leurs produits sous ce nom pendant deux ans. Le délai est d'un an pour les autres produits. Après cela, il leur faudra choisir d'autres appellations, s'ils veulent continuer à vendre ces produits.

Finies les "Menthol" et les "Slims"

Le ministère de la Santé ajoute que les références aux arômes fruités, mentholés ou autres devront également disparaître. Finies les "Camel Menthol" ou "Lucky Strike Menthol" ! Pour le moment, seules les mentions sont supprimées, mais les cigarettes mentholées et fruitées devraient définitivement disparaître de la circulation en 2020.

Terminées aussi les mentions évoquant la finesse, comme "slims", "superslims", celles évoquant des propriétés biologiques, naturelles, biodégradables ("Gauloise Biodégradable", "Allure organic superslim"…). L’interdiction s’étend également à toute mention de propriétés énergisantes. "Pall Mall Boost" devra disparaître par exemple.

Augmentation du prix du tabac à rouler

Le texte inscrit mercredi 1er février au Journal officiel prévoit aussi une hausse du prix du tabac à rouler. Une hausse « autour d’1,50 euros », annonce Marisol Touraine.

Pour les cigarettes, les consommateurs ne devraient pas voir les prix flamber, au grand regret de la ministre de la Santé. "Des hausses de taxe avaient été votées, mais les entreprises ne les ont pas répercutées", précise-t-elle.

Les fabricants fixent eux-mêmes les prix de détail, et peuvent donc choisir de ne pas modifier leurs tarifs malgré l’augmentation des taxes.

En 2016, les ventes de cigarettes en France ont reculé de 1,2%. Les professionnels accusent le marché parallèle (contrebande, achats à l’étranger…).

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