Interdiction de plusieurs marques de cigarettes : la confédération nationale des buralistes dénonce une mesure inefficace

Un buraliste à Vertou, le 27 décembre 2016 (Photo d\'illustration).
Un buraliste à Vertou, le 27 décembre 2016 (Photo d'illustration). (LOIC VENANCE / AFP)

Le président de la confédération nationale des buralistes, Pascal Montredon, était l'invité de franceinfo, mardi. Il est revenu sur l'offensive gouvernementale qui va interdire plusieurs noms de marques de cigarettes. 

Vogue, Allure, Paradiso… Après avoir imposé les paquets neutres, le gouvernement poursuit son offensive contre le tabac et le marketing "glamour" des fabricants. Plusieurs noms de marques de cigarettes fines et de cigarillos vont être interdits, a annoncé mardi 31 janvier la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Invité de franceinfo, le président de la confédération nationale des buralistes, Pascal Montredon, a dénoncé, mardi sur franceinfo, une mesure inefficace. Selon lui, il faut "s'attaquer" au "marché parallèle qui représente plus d'un quart de la consommation".

franceinfo : Pour quelle raison accueillez-vous défavorablement l'annonce de Marisol Touraine ?

Thierry Montredon : Ce qui me surprend un peu, c'est qu'on se préoccupe de marques qui existent depuis des années, alors que le vrai problème, c'est d'abord le prix du tabac par rapport au marché parallèle. Lorsqu'on peut trouver sur internet, dans la rue, ou en dehors de nos frontières, du tabac deux fois moins cher, je peux vous assurer que ce n'est pas le changement de nom d'une marque qui va faire baisser la consommation. Si on veut vraiment être efficace, il faut d'abord attaquer le mal là où il est, c’est-à-dire le marché parallèle qui représente plus d'un quart de la consommation.

L'objectif du gouvernement est d'éviter que le tabac ne devienne un produit marketing comme un autre. C'est plutôt une avancée, non ?

D'abord, aucun jeune ne consomme les marques ciblées par la ministre ! Ensuite, le marketing, ce n'est pas le problème du buraliste. Le problème du buraliste, c'est de pouvoir continuer à vendre de façon légale un produit que l'État lui confie. Et avec l'arrivée du paquet neutre, je ne vous cache pas que c'est une difficulté. Le consommateur qui ne trouvera plus sa marque favorite en France fera tout pour se la procurer : il va commander sur internet ou se déplacer en dehors de nos frontières…

Marisol Touraine a également annoncé une hausse des tarifs du tabac à rouler, "autour de 1,50 €". Qu'en pensez-vous ?

Nous ne sommes pas contre l'augmentation du prix du tabac, à condition que le prix augmente partout en Europe et à condition qu'il y ait un vrai plan de lutte contre le marché parallèle. Or, ce n'est pas le cas ! On va se retrouver avec des produits 40 à 60% plus chers que ceux qu'on trouve en Espagne, au Luxembourg ou en Andorre. Si on veut des mesures efficaces, il faut vraiment une harmonisation des prix de vente sur l'ensemble de l'Europe, ainsi qu'une véritable chasse à tous ces trafics. Et là, au moins, on pourra parler de lutte efficace contre le tabagisme. Mais, actuellement, on est en train de pénaliser le réseau officiel, les buralistes français, tout en favorisant les trafiquants et les buralistes en dehors de nos frontières.

"Le vrai problème de la consommation du tabac, c'est son prix par rapport au marché parallèle", Pascal Montredon, président de la confédération nationale des buralistes.
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