Drogues : l'Ile-de-France adopte les tests salivaires de dépistage dans les lycées

La région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse (LR), a adopté le 19 mai 2016, le principe de financer des tests salivaires de dépistage de drogue et des éthylotests pour les lycéens franciliens. Ces outils de diagnostic seront mis en place pour lutter contre les addictions qui représentent une "source de décrochage scolaire", selon la nouvelle présidente de la région. Cette réforme très controversée fait bondir certains élus d'Ile-de-France. 

Malgré l'opposition de la gauche et l'abstention du FN, la Région Ile-de-France va demander à chaque établissement "d'établir un diagnostic sur la consommation des substances addictives" et d'identifier les éventuels trafics à proximité des lycées. 

Pour les chefs d'établissement qui le souhaiteront, les tests de dépistage seront "des outils de diagnostic", menés sous couvert du secret médical, et dont les résultats individuels ne seront pas transmis aux chefs d'établissement mais uniquement à la famille ou au lycéen s'il est majeur.

La Région a également adopté la possibilité de détecter des consommations de drogue par l'analyse des eaux usées des lycées, "une détection totalement anonyme" qui donnera "une vision claire et objective" de la consommation dans chaque lycée, a expliqué le groupe MoDem, à l'origine de l'amendement.   

Un élu UDI a distribué des tests salivaires aux élus dans l'hémicycle, jugeant que selon les statistiques, 17 d'entre eux devaient être des fumeurs réguliers de cannabis, et 8 des fumeurs quotidiens. Il a proposé de tester en premier le groupe EELV. Le groupe visé a immédiatement dénoncé une "stigmatisation". "Je n'ai pas dit que vous étiez positifs", a répondu l'élu. "10% des jeunes d'Ile-de-France fument plus d'un joint par jour", a affirmé Agnès Evren, vice-présidente chargée de l'Education, affirmant qu'il ne s'agissait "pas d'une politique de suspicion et d'accusation, mais une politique de prévention"

Des outils de dépistage soumis au choix du chef d'établissement

Le FN a dénoncé "un enfumage", le Front de gauche a déploré une "stigmatisation caricaturale", et le PS "le rideau de fumée des tests salivaires" et le "rôle de police" donné aux proviseurs. "Je ne vois pas en quoi les tests salivaires vont agir sur la prévention", a dit Mounir Satouri pour les écologistes, tandis que Jean-Luc Roméro-Michel (Radicaux de gauche) a estimé qu'il s'agissait surtout d'un "effet d'annonce: Vous ne protégez en rien les lycéens, mais cela va rassurer votre électorat".

Interrogé par la rédaction d'Allodocteurs.fr, un des membres de l'équipe de Valérie Pécresse explique que "les tests salivaires ne pourront être effectués que sur une classe et en aucun cas de façon individuelle. Pour les enfants mineurs, seuls les parents pourront demander le résultat du test et dans le cas d’un majeur, c’est lui même qui le récupèrera. Seul le résultat global sera connu par le chef d’établissement afin de connaître la part des élèves qui fument du cannabis dans son lycée". Il précise que ces tests salivaires ne seront pas systématiques et se dérouleront au maximum une à deux fois par an. "La région couvrira les frais de ces dépistages (un test salivaire coûte entre 7 et 10 euros) afin de lever le frein financier pour les lycées", ajoute-il.