Crise des opiacés aux Etats-Unis : le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson condamné à payer 572 millions de dollars à l'Oklahoma

Le logo de la firme Johnson & Johnson, sur un site français, à Val-de-Reuil.
Le logo de la firme Johnson & Johnson, sur un site français, à Val-de-Reuil. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

La justice a estimé que le groupe avait recouru à des  pratiques "trompeuses" pour vendre des opiacés.

C'est le premier groupe pharmaceutique à être jugé aux Etats-Unis pour la crise des opiacés. Johnson & Johnson est condamné à payer 572 millions de dollars (515 millions d'euros) à l'Etat de l'Oklahoma, qui réclamait 17 milliards de dollars de dommages intérêts. "La crise des opiacés a ravagé l'Etat de l'Oklahoma", a déclaré le juge Thad Balkman lors d'une audience lundi 26 août, à l'issue de deux mois de procès, condamnant les pratiques "trompeuses" du laboratoire pharmaceutique. 

Le laboratoire était accusé par d'avoir mené pendant des années une "campagne cynique et trompeuse de lavage de cerveaux à plusieurs millions de dollars" dans le but de créer une demande pour ses antidouleurs opiacés et les présenter comme des "médicaments magiques".

Le procès, qui s'était ouvert en mai, est le premier contre l'industrie pharmaceutique pour la crise nationale des opiacés, responsable de la majorité des 70 000 morts par overdoses en 2017 aux Etats-Unis. J&J, via sa division Janssen, distribuait le patch Duragesic et les pilules Nucynta, qui ne sont pas les opiacés les plus connus du pays. L'un des plus populaires au pic de la crise, l'Oxycontin, appartient au grand laboratoire Purdue, qui a choisi de régler les poursuites à l'amiable avec l'Oklahoma au lieu d'aller au procès, pour un montant de 270 millions de dollars. Le laboratoire israélien Teva a aussi négocié un règlement à 85 millions de dollars.

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