La France veut détecter les problèmes pulmonaires liés à la e-cigarette

La France lance une plateforme de signalement des pneumopathies sévères sur son territoire. Aux Etats-Unis, cette pathologie pulmonaire liée au vapotage a déjà provoqué une dizaine de décès.

Elle est légère et elle possède un design attirant…La cigarette électronique plaît de plus en plus, notamment Outre-Atlantique. Mais depuis cet été, ce dispositif est au centre de l’attention après la survenue d’une épidémie de pneumopathies sévères aux Etats Unis. A ce jour, 1080 personnes souffriraient de problèmes pulmonaires, 18 personnes sont décédées. Parmi les malades, 80% auraient moins de 35 ans et 16%, moins de 18 ans.

La France n'est pas touchée pour le moment grâce à sa législation qui diffère de celle des Etats-Unis, comme l'explique le professeur Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé : "Nous sommes très attentifs à l’application de la directive européenne sur les produits contenant notamment de la nicotine et donc nous avons les mêmes règles que pour le tabac. Le fait que le taux de nicotine soit aussi limité en Europe à 20 mg/ml est un sujet important."

Mais au-delà des effets de la nicotine, les soupçons des autorités de santé se portent particulièrement sur les mélanges de substances, les additifs,  les ajouts d’arômes ou encore les recharges au cannabidiol contenant du THC, l’agent psychoactif du cannabis.

Le vapotage de plus en plus populaire auprès des jeunes

Alors même que la cigarette électronique est souvent conseillée comme outil d'aide au sevrage tabagique, aujourd'hui, de plus en plus de lycéens non-fumeurs vapotent et entrent dans la dépendance à la nicotine par ce biais. Une situation qui inquiète les autorités de santé françaises.

"On a un lycéen sur deux qui a déjà testé et on a un lycéen sur six en France, ça explose, qui vapote tous les jours ! Si c’est utilisé, non pas comme outil de sevrage, mais pour rentrer dans une addiction, en particulier si ces produits contiennent de la nicotine, on a vraiment un souci parce qu'il y a du marketing autour des colorants, des additifs, des arômes et ça, c’est vraiment problématique.", expose le professeur Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé.

Les effets à long terme du vapotage ne sont pas connus et ces mélanges de substances détonants et colorés sont susceptibles d'attirer les populations les plus jeunes de vapoteurs qui pourraient vouloir s'en procurer sur internet ou au marché noir. L'inquiétude en France existe donc bel et bien. Par précaution, l'ARS, les établissements de santé et les professionnels sont invités à signaler les cas de pneumopathies sévères suspects sur une plateforme dédiée.

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