Zimbabwe : le gouvernement autorise 37 investisseurs à produire du cannabis médical

Jeunes plants de marijuana découverts par la police sud-africaine le 26 juillet 2012 dans un entrepôt de la zone industrielle de Killarney Gardens, en Afrique du Sud. 
Jeunes plants de marijuana découverts par la police sud-africaine le 26 juillet 2012 dans un entrepôt de la zone industrielle de Killarney Gardens, en Afrique du Sud.  (RODGER BOSCH / AFP)

Débordé par les demandes, le gouvernement zimbabwéen vient d’accorder à 37 investisseurs l’autorisation de produire du cannabis médical, tout en rappelant qu’il resterait vigilant sur le trafic illicite.

Moins d’un an après être devenu le deuxième Etat africain à légaliser la culture du cannabis, le gouvernement zimbabwéen commence, selon le site allAfrica, à accorder les autorisations aux investisseurs qui se pressent au portillon.

Des licences de douze mois renouvelables

Devant des chefs d’entreprises réunis pour le 6e forum de la Table ronde africaine à Victoria Falls, le vice-ministre zimbabwéen de l’Agriculture a indiqué que le gouvernement s’employait à accorder des licences aux investisseurs sélectionnés conformément au règlement N°62 de 2018 qui auront acquitté les 50 000 dollars nécessaires à son obtention.

"Au cours des derniers mois, plus de 200 sociétés locales et étrangères ont manifesté leur intérêt pour la production de cannabis à des fins médicales. Le Cabinet en a approuvé environ 37 et des licences leur seront attribuées. Pour l'instant, nous sommes en train de les enregistrer", a déclaré Vangelis Haritatos. Il a précisé que les investisseurs se verraient attribuer des licences d’une durée de 12 mois renouvelables, mais que le gouvernement s’opposerait fermement à tout trafic illicite de cannabis.

Rappelant que le commerce mondial de cette substance, longtemps considérée comme un stupéfiant, rapportait 24 milliards de dollars par an, il a déclaré que son ministère, dit également de la Terre, l’eau, le climat et la réinstallation rurale, travaillerait en étroite collaboration avec celui de la Santé et de la protection de l’enfance et en partenariat avec les investisseurs.

De solides preuves des avantages médicinaux du cannabis

"Laissons une chance aux investisseurs, a encore dit le vice-ministre Haritatos. Il y a beaucoup d'enthousiasme qui apportera beaucoup d'investissement et aidera les gens à produire des huiles pour le cancer et à d'autres fins médicinales", a-t-il ajouté.

AllAfrica rappelle au passage qu’il existe "de solides preuves des avantages médicinaux du cannabis, dans le traitement des nausées et vomissement consécutifs aux chimiothérapies contre le cancer, aux douleurs neurologiques, à la spasticité dans la sclérose en plaque et aux lésions de la moelle épinière, entre autres."

Précédé par le Lesotho, qui a accordé en septembre 2018 ses premières licences pour la production de marijuana, l’autre nom du cannabis, le Zimbabwe n’en a toutefois pas légalisé l’usage récréatif. En revanche dans l’Afrique du sud voisine, après des années de bataille judiciaire, le plus haut tribunal du pays a statué en septembre 2018 que la consommation du cannabis par des adultes en privé était un droit constitutionnel.

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