Affaire des "stups" : François Thierry, l’ancien patron de la lutte antidrogue, mis en examen

François Thierry en 2012, dans les locaux de l\'office des stups à Nanterre (Hauts-de-Seine).
François Thierry en 2012, dans les locaux de l'office des stups à Nanterre (Hauts-de-Seine). (PATRICK KOVARIK / AFP)

L’ancien patron de l’office anti-stups a été mis en examen, jeudi, pour "complicité de trafic de stupéfiant et complicité d'exportation de stupéfiants en bande organisée" dans l'enquête sur une saisie record de 7 tonnes de cannabis en 2015.

François Thierry, l’ancien directeur de la lutte antidrogue en France a été mis en examen, jeudi 24 août, pour "complicité de trafic de stupéfiants et complicité d'exportation de stupéfiants en bande organisée" dans l'enquête sur une saisie record de 7 tonnes de cannabis en 2015, à Paris. Il a été laissé libre, sous contrôle judiciaire. 

Il est suspecté, avec plusieurs policiers, d’avoir autorisé l’entrée de cette cargaison, et de beaucoup plus de drogue encore, sans en informer totalement l’autorité judiciaire. L'objectif étant de faire tomber les gros bonnets du trafic et obtenir toujours plus de saisies. 

François Thierry défend ses méthodes

L'enquête a été déclenchée en 2015, après cette saisie record de drogue par les douanes, boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris. François Thierry est bien obligé de reconnaître que cette drogue est entrée en France sous sa surveillance, dans le but de faire tomber des réseaux de trafiquants, et surtout que ces 7 tonnes de cannabis ne sont qu’une partie d’une cargaison qui serait beaucoup plus importante : 40 tonnes de cannabis au total. Le nom de code de l’opération était "Janissaire". 

Face aux investigations des juges, l’ancien patron de l'office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Octris) affiche un calme apparent, défend ses méthodes et affirme, documents à l’appui, qu’il a toujours informé les juges des moindres détails de ses opérations. 

Un indicateur en or

Jeudi, dans le bureau des juges, François Thierry a répété que l’autorité judiciaire, y compris le procureur de Paris, était au courant de toute l’opération : l’importation de drogue, mais aussi l’existence d’un indicateur en or, Sofiane, recruté par François Thierry en personne, en 2009, dans les geôles espagnoles.

Depuis cette affaire, François Thierry a gardé la confiance de la haute hiérarchie. Il est l’un des patrons de la sous-direction anti-terroriste. Sa mise en examen n’a pas fini de secouer le tandem police-justice. Pour son avocat, Me Francis Szpiner, en plus de donner "un coup d'arrêt donné à la lutte contre le trafic de stupéfiants",  "on vient de condamner des méthodes avec une formidable hypocrisie."