"On sait qu'on n'y va pas doucement" : en Dordogne, les lycéens confrontés à leurs problèmes d'addiction à l'alcool et à la drogue

Des jeunes fument devant un lycée, à Niort, le 25 octobre 2012.
Des jeunes fument devant un lycée, à Niort, le 25 octobre 2012. (PHILIPPE BONNARME / MAXPPP)

Un bus du centre d'addictologie de Sarlat (Dordogne) s'est arrêté devant un lycée pour faire réfléchir les élèves à leur consommation excessive d'alcool et de drogue.

A Sarlat (Dordogne), jeudi 7 novembre, l'antenne du centre d'addictologie a arrêté son bus et installé une tente à la sortie du lycée Pré de Cordy, histoire de faire de la prévention auprès des jeunes, raconte France Bleu Périgord. Dans le bus : du café ou du thé, des préservatifs, des documents pour les lycéens... Ils peuvent aussi marcher sur un tapis avec des lunettes 3D simulant les effets de l'alcool. Mais la plupart avouent sans complexe avoir déjà beaucoup bu.

Et c'est le cas de beaucoup de français, selon le panorama de la santé 2019 publié par l'OCDE jeudi 7 novembre. Selon ce rapport, les Français cumulent toujours des modes de vie malsains : un adulte sur quatre fume quotidiennement, soit le quatrième taux le plus élevé de l'OCDE, tandis que la consommation d'alcool en France est la troisième plus élevée.

Je sais qu'il faut que j'arrête mais on n'appelle pas ça une drogue pour rien.Une lycéenneà France Bleu Périgord

Pour un groupe de garçons en classe de première, devant le lycée de Sarlat, l'alcool est tout sauf une découverte. "J'ai déjà trop bu à une soirée, c'était en troisième, se souvient l'un de ces jeunes. Ca ne m'a pas tant dégoûté que ça." "C'est occasionnellement qu'on boit, on fait attention, tempère son ami. Après, des fois, en soirée, on se laisse un peu aller mais c'est normal. On connaît les conséquences." Un autre lycéen complète : "On prépare à l'avance tous les médicaments parce qu'on sait qu'on n'y va pas doucement."

"Je n'aime plus le goût de l'alcool"

Avec cette gestion de la "gueule de bois", les jeunes sont un peu plus au fait des effets de l'alcool. Des élèves de Terminale avouent également avoir déjà beaucoup trop bu. "Moi, personnellement, ça m'a même amenée à ne plus consommer d'alcool. Je n'aime plus le goût de l'alcool à cause de ça", avoue une lycéenne. Son amie aussi a arrêté, mais pour retomber dans une autre addiction."Avant, je buvais beaucoup d'alcool et je me prenais beaucoup de cuites. Maintenant, j'ai changé de produit : je fume du cannabis. Je fume trop pour les problèmes de santé que j'ai., donc c'est addictif. Arrêter; c'est plus facile à dire qu'à faire."

A partir du 14 novembre, le camion noir de la prévention stationnera à la sortie du lycée un jeudi sur deux, pour essayer d'éloigner ces jeunes lycéens de tous types d'addiction.

En Dordogne, les lycéens confrontés à leurs problèmes d'addiction à l'alcool et à la drogue - Le reportage de Valérie Dejean
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