"Mon fils de 7 ans va avoir une vie presque normale" : le cannabis thérapeutique est désormais autorisé au Royaume-Uni

Des fleurs de cannabis au Canada le 17 octobre 2018 (illustration). 
Des fleurs de cannabis au Canada le 17 octobre 2018 (illustration).  (DON MACKINNON / AFP)

Si Londres permet le cannabis sur ordonnance à compter de jeudi, le gouvernement britannique n'envisage pas de légalisation pour l'usage récréatif.

Au Royaume-Uni, 75% de la population étaient favorables au cannabis sur ordonnance. C'est fait. Depuis jeudi 1er novembre, les médecins peuvent prescrire des médicaments dérivés du cannabis pour traiter certaines maladies.

L’épilepsie fait partie des pathologies concernées

Ces derniers mois, plusieurs enfants s’étaient vu refuser l’accès à l’huile de cannabis. Le Conseil consultatif sur les drogues a finalement donné son feu vert au gouvernement. La décision du gouvernement va tout changer pour Hannah, mère d'un petit garçon de 7 ans, épileptique. Jusqu'ici, elle achetait de l'huile de cannabis à l'étranger. La décision du gouvernement va tout changer pour elle. "Au lieu d’aller en ambulance à l’hôpital chaque semaine pour prendre des stéroïdes par intraveineuse, il va avoir une vie presque normale, affirme la mère de famille. Il pourra aller à l’école, se faire des amis. Il aura plus de chances d’apprendre et de s’intégrer dans la société."    

Les médecins ont à présent le droit de prescrire des dérivés du cannabis, à condition que les produits répondent aux normes de sécurité. Le marché pourrait s’ouvrir, espère David Burden, qui a fondé son entreprise il y a six mois. Il vend des produits sans tetrahydrocannabinol (THC), c'est-à-dire sans substance hallucinogène. "Je suis très content qu’ils fassent un pas en avant", déclare le commerçant. Mais pour lui, le gouvernement doit encore franchir d'autres étapes. "Pour le moment, je vends mes produits sous l’appellation de complément alimentaire, sans avoir le droit de parler de leur apport médical, de leur effet sur l’anxiété ou le psoriasis." Pourtant David Burden affirme que "beaucoup de gens" l’ont appelé. "Des femmes d’un certain âge qui cherchent une alternative et qui ne veulent plus avaler de pilules", témoigne-t-il. 

Les libéraux démocrates poussent pour aller plus loin 

Les conservateurs répètent qu'il n'est pas question pour l’instant de dépénaliser la consommation de cannabis à usage récréatif. Le ministre de l’Intérieur, Sajid Javid, l'affirme : "Ce gouvernement n’a absolument aucun plan de prévu pour légaliser le cannabis. Les amendes pour la possession de cannabis ou pour les fournisseurs vont rester les mêmes." 

En pratique, la situation est pourtant complexe. Les statistiques du ministère de l’Intérieur montrent que le cannabis reste la drogue illégale la plus consommée au Royaume-Uni, avec plus de deux millions d’utilisateurs l’an dernier. Mais c’est surtout une question économique que soulèvent les libéraux démocrates. Si le cannabis était vendu sous licence, avec une TVA de 20%, il y aurait chaque année 800 millions d’euros de recettes pour l’État, sans compter les économies sur le coût de la répression, de la police, de l’hospitalisation de ceux qui consomment de mauvais produits. Soit 1,2 milliard d'euros au total.

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