Bretagne : le cannabis en cause dans le naufrage d'un chalutier qui avait fait deux morts

Des chalutiers à Saint-Brieuc (Côtes-d\'Armor), le 11 avril 2018.
Des chalutiers à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), le 11 avril 2018. (JEAN-LUC & FRANCOISE ZIEGLER / BIOSPHOTO / AFP)

"L'Ophélie", un chalutier d'une dizaine de mètres construit en 1989, avait fait naufrage dans la nuit du 3 au 4 décembre 2018 au large de Saint-Brieuc.

L'enquête du Bureau enquête accident (BEA) mer sur le naufrage d'un chalutier qui avait fait deux morts en 2018 en baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) a conclu à un manque de réaction au moment de l'accident, lié notamment "à l'influence du cannabis" sur un matelot qui était à la barre du navire.

L'Ophélie, un chalutier d'une dizaine de mètres construit en 1989, avait fait naufrage dans la nuit du 3 au 4 décembre 2018 au large de Saint-Brieuc, avec deux marins à bord. Le corps du matelot de 44 ans avait été retrouvé le jour de l'accident tandis que celui du patron de 31 ans avait été retrouvé le 28 décembre, après renflouement du navire.

Un allongement du temps de réaction 

La perte de stabilité, qui a entraîné le naufrage de L'Ophélie, "est très probablement due à une gestion inadaptée de la croche du chalut sur une roche", note le rapport du BEA diffusé jeudi. L'armateur s'est dit "surpris par l'absence de réaction de l'équipage pour faire face à une croche", un manque de réaction sans doute imputable "aux effets du cannabis sur les capacités cognitives du matelot" et "à l'absence du patron en timonerie", relève le BEA.

Face à cette avarie, le cannabis (9,8 ng/mg de THC dans le sang du matelot) a sans doute provoqué "un allongement de son temps de réaction et une mauvaise coordination de ses mouvements alors qu'il (le matelot, NDLR) était confronté à une situation nécessitant la pleine possession de ses moyens", note le rapport.

Pour le patron, dont le décès est consécutif à "un choc violent au thorax" et non à une noyade, "les tests de dépistage d'alcoolémie et de drogue n'ont pas été effectués" compte tenu du délai entre son décès et l'examen médical, précise le BEA.

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