Essai clinique "sauvage" : le Pr Fourtillan poursuit son expérience

Essai clinique \"sauvage\" : le Pr Fourtillan poursuit son expérience
Essai clinique "sauvage" : le Pr Fourtillan poursuit son expérience (Capture d'écran Google Maps)

Bien qu’interdit par l’Agence du médicament, l’essai clinique des Pr Fourtillan et Joyeux semble se poursuivre. Ces médecins affirment que les patchs utilisés ne sont pas encore des médicaments et que l’expérience est donc légale.

L’essai clinique illégal suit son cours. C’est ce que laisse à penser une lettre ouverte à la presse publiée par le professeur Jean-Bernard Fourtillan, adressée au Directeur Général de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et à la ministre de la Santé.

Cet essai clinique "sauvage" mené illégalement sur plus de 400 malades de Parkinson ou d’Alzheimer a été mené en partie dans l’Abbaye Saint-Croix près de Poitiers, au sein d’une structure baptisée Fonds Josefa par les professeurs controversés Henri Joyeux et Jean-Bernard Fourtillan. Il consistait à tester des patchs d’hormones, la valentonine et le 6-méthoxy-harmalan, et a été interdit par l’ANSM le 19 septembre.

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"Les patchs ne sont pas des médicaments"

Mais dans la lettre ouverte à la presse, le professeur Fourtillan affirme que cet essai ne peut être qualifié d’essai clinique, et discrédite donc l’interdiction de l’ANSM : "Les patchs, qui délivrent deux hormones naturelles, ne sont pas, pour l’instant, des médicaments" écrit-il. Il ajoute : "L’essai de ces patchs n’est pas un essai clinique, au sens réglementaire du terme, qui doit être soumis à l’aval de l’ANSM, parce qu’il n’est pas effectué avec un médicament. Le fabricant du patch mentionne sur l’emballage des patchs : 'Technical sample. Not for human use', ce qui signifie que ce n’est pas un 'médicament' et que son utilisation est de l’unique responsabilité des 402 personnes. Ainsi les reproches formulés par l’ANSM dans sa décision sus-mentionnée sont sans fondement. Le test en question est effectué en toute légalité."

Pourtant, dans sa décision du 19 septembre, l’ANSM indiquait que le laboratoire d’analyse inspecté recevait bien les prises de sang des patients accompagnées d’un document intitulé "Bilans d’inclusion pour les essais cliniques des patchs mixtes et simples".

Poursuite de l’essai

Faisant donc fi de l’interdiction de l’ANSM, Jean-Bernard Fourtillan aurait donc poursuivi ses expériences. "Des patients ont reçu des mails depuis jeudi dernier, conformément à ce qui a été demandé par l'ANSM. Le Pr Fourtillan y explique que l'essai va se poursuivre" révèle au Quotidien du Médecin le professeur Philippe Damier, neurologue et vice président du comité scientifique de l'association France Parkinson, qui a lancé l'alerte en mai dernier et qui a recueilli des témoignages de patients.

Les vaccins à nouveau accusés

Enfin, en plus d’ignorer l’interdiction de l’ANSM, le professeur Fourtillan affirme dans sa lettre ouverte que le gouvernement est responsable de l’état des malades qu’il tente de "soigner". Il écrit ainsi que les 140 personnes atteintes de Parkinson dans l’essai avaient toutes "reçu des métaux lourds : aluminium, mercure, plomb" et accuse pour cela les vaccins, cheval de bataille de ce médecin et de son collègue le professeur Joyeux. "La responsabilité de cette situation incombe à Madame la Ministre de la Santé, qui aurait dû faire immédiatement arrêter les vaccinations obligatoires de 11 vaccins, dont sept, parmi lesquels figure le vaccin de l’Hépatite B, contiennent des sels d’aluminium " justifie en effet le professeur Fourtillan.

Les deux médecins controversés risquent tout de même 15.000 euros d’amende et un an de prison à poursuivre cette expérimentation puisqu’un essai clinique mené sans autorisation constitue une infraction à l’article L.1121-1 du code de santé publique.

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