Chine : nouvelle étape pour le premier laboratoire P4

Le premier laboratoire épidémiologique de haute sécurité P4 de Chine, qui abritera les souches les plus dangereuses des virus connus, en coopération avec la France, a été accrédité ce 23 février par les autorités chinoises.

Situé près de Wuhan, dans le centre de la Chine, un premier laboratoire ultrasensible Pathogène de classe 4 dit "P4", a reçu sa certification lors d'une cérémonie en présence du Premier ministre Bernard Cazeneuve, en visite officielle en Chine. Le laboratoire, d'un coût d'environ 40 millions d'euros, a été financé par la Chine. 

Un laboratoire P4 de haute sécurité biologique héberge des germes extrêmement pathogènes. Les chercheurs y travaillent en confinement absolu, en dépression atmosphérique. Il existe moins d'une trentaine de laboratoires de ce type dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis.

Le P4 de Wuhan, fruit d'une étroite coopération franco-chinoise, est du même modèle que celui de l'Inserm à Lyon, considéré comme l'un des meilleurs du monde. Pékin délivrera dans les prochaines semaines une autorisation administrative d'entrée en fonctionnement, qui ouvrira la voie à une mise en service progressive.

La Chine : un lieu polémique

La Chine, qui a déjà prévu un deuxième P4, est jugée particulièrement vulnérable par les épidémiologistes. Y sont apparus au cours des dernières années le SRAS (pneumonie atypique) et les virus aviaires H5N1 et H7N9.

L'objectif du laboratoire P4 de Wuhan "est de pouvoir traiter des situations hautement pathogènes, c'est-à-dire à haut risque de contamination, dans les meilleures conditions", a déclaré M. Cazeneuve. On a bien vu l'importance de ce genre de laboratoire avec l'épidémie d'Ebola", a précisé la ministre de la Santé, Marisol Touraine, également en déplacement en Chine.

"Cette coopération s'accompagne évidemment de protocoles de sécurisation et de protection, pour faire en sorte que la gestion de ce laboratoire bénéficie à l'ensemble de la communauté internationale", a encore dit Mme Touraine. Une réponse feutrée à des critiques anciennes : lancé au début des années 2000 pour un accord signé en 2004, le projet de P4, bien que supervisé par des chercheurs français avait suscité des réticences en raison des craintes qu'il puisse aider les Chinois à fabriquer des armes bactériologiques.

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