Pilules contraceptives controversées : le parquet classe l'enquête, mais de nouvelles plaintes seront bientôt déposées

Une pilule contraceptive (photo d\'illustration). 
Une pilule contraceptive (photo d'illustration).  (ERIC BERACASSAT / ONLY FRANCE)

L'affaire était née fin 2012 de la plainte d'une jeune femme, Marion Larat, devenue lourdement handicapée après un AVC qu'elle impute à la prise d'une pilule de troisième génération produite par le groupe allemand Bayer.

Une décision incompréhensible pour l'avocat des victimes. Le parquet de Paris a classé l'enquête ouverte fin 2012 sur certaines pilules contraceptives, de troisième et quatrième générations, accusées de favoriser de graves pathologies veineuses et artérielles. Mais trois femmes vont déposer de nouvelles plaintes pour poursuivre leur combat judiciaire, selon des informations du Monde et de l'AFP, confirmées à franceinfo, mardi 19 septembre.

Au terme de "nombreuses investigations" menées durant quatre ans et demi, l'enquête n'a pas permis de "caractériser" une infraction pénale, a conclu le parquet dans sa décision datée du 16 juin, selon une source proche du dossier à l'AFP. Pour le parquet, "l'enquête ne permet pas d'établir avec certitude l'existence d'un lien de causalité entre la prise du contraceptif et les pathologies présentées par les plaignantes", a expliqué cette source.

"Des arguments fragiles et assez faibles"

L'affaire est née fin 2012 de la plainte d'une jeune femme, Marion Larat, devenue lourdement handicapée après un AVC qu'elle impute à la prise de la pilule de 3e génération Meliane, produite par le groupe allemand Bayer. Son combat, médiatisé à l'époque, avait abouti au dépôt de 130 autres plaintes dans le cadre d'une enquête préliminaire notamment pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne". Elles visaient 29 marques de pilules de troisième et quatrième générations, huit laboratoires et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Cette conclusion du parquet a provoqué la déception et l'incompréhension chez les plaignantes défendues par l'avocat Jean-Christophe Coubris. "Je trouve les arguments fragiles et assez faibles", a commenté l'avocat qui avait porté 84 plaintes devant la justice. Et il ne compte pas en rester là : trois de ses clientes les plus représentatives déposeront une plainte avec constitution de partie civile visant des laboratoires et l'ANSM, a confirmé le cabinet d'avocat des plaignantes à franceinfo. Cette procédure vise à obtenir de manière quasi automatique la désignation d'un juge d'instruction pour poursuivre l'enquête.