Contraception : bientôt une pilule à prendre une seule fois par mois ?

Aspect \"en étoile\" de la pilule mensuelle une fois dépliée dans l\'estomac.
Aspect "en étoile" de la pilule mensuelle une fois dépliée dans l'estomac. (Crédits Photo : ©Tiffany Hua / MIT)

Des scientifiques du MIT ont développé une pilule contraceptive mensuelle. Cette gélule se déploie dans l’estomac et y reste pendant trois ou quatre semaines pour libérer progressivement le contraceptif qu'elle contient.

Finie la pilule à prendre tous les jours ? Des scientifiques spécialisés en bio-ingénierie au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et des gastroentérologues du Brigham and Women’s Hospital (Boston, Etats-Unis) ont développé une pilule contraceptive dont l’efficacité pourrait durer un mois. Leur objectif : "réduire le nombre de grossesses non désirées qui résultent d’un oubli de dose journalière". Selon eux, en effet, 9% des femmes qui prennent la pilule aux Etats-Unis tombent enceinte chaque année.

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Une structure en étoile qui reste un mois dans l’estomac

Mais comment cette nouvelle pilule fonctionnerait-elle ? La pilule se présente initialement sous forme de gélule, révèlent les chercheurs dans une étude publiée le 4 décembre dans la revue Science Translational Medicine. Elle possède une enveloppe en gélatine qui, lorsqu’elle se dissout, libère un composé se déployant sous forme d’étoile à six branches mesurant plus de cinq centimètres. Cette structure en polyuréthane est capable de rester dans l’estomac des semaines après avoir été avalée. Le contraceptif de synthèse - le levonorgestrel - contenu dans les branches de l’étoile est alors libéré en continue.

Les premiers tests réalisés sur des cochons montrent en effet que la dose libérée chaque jour pendant quatre semaines est équivalente à celle donnée par un comprimé quotidien.


Schéma du mode de fonctionnement de la pilule mensuelle -
© Kirtane et al., Science Translational Medicine 2019

Des tests chez les femmes d’ici trois à cinq ans

Et chez les femmes ? Les chercheurs envisagent de fabriquer une capsule qui serait totalement dissoute en trois ou quatre semaines et serait ensuite éliminée par voie digestive. La version définitive n’a en effet pas encore été mise au point et les femmes intéressées par cette nouvelle pilule devront patienter : selon les chercheurs, les premiers tests de ce nouveau médicament sur les humains ne seront possible que d’ici trois à cinq ans.

Améliorer l’accès à la contraception

En attendant, les chercheurs restent optimistes. "Ce type de pilule contraceptive mensuelle pourrait avoir un impact significatif sur la santé des femmes et de leur familles, en particulier dans les pays en développement" note ainsi le MIT dans un communiqué.

"Un contraceptif oral mensuel fournirait une option de contraception discrète et non invasive" appuie de son côté Kimberly Scarsi, professeure en pharmacologie à l’université du Nebraska qui n’a pas participé à l’étude. Ce type de pilule pourrait en effet "améliorer considérablement l’observance du médicament pour donner aux femmes plus de contrôle sur leur santé et sur leurs décisions de planning familial" appuie-t-elle enfin.

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