Contraception : la pilule de moins en moins plébiscitée par les femmes, selon une étude

Des pilules de 3e génération, en janvier 2013. 
Des pilules de 3e génération, en janvier 2013.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le taux de femmes utilisant la pilule est passé de 45% en 2010 à 36,5% en 2016, au profit d'autres moyens de contraception, comme le stérilet ou l'implant. 

La pilule reste le moyen de contraception le plus utilisé, mais elle est en perte de vitesse. Selon un baromètre de l'agence sanitaire Santé publique France publié lundi 25 septembre, la désaffection à son égard progresse, profitant à d'autres méthodes comme le stérilet. Il n'y a pas pour autant "de désaffection vis-à-vis de la contraception", poursuit l'étude. De fait, la proportion de femmes déclarant n'utiliser aucune méthode est en baisse, avec 8% en 2016 contre 9,1% en 2013 et 13,6% en 2010.

En 2010, 45% des femmes utilisaient la pilule comme moyen de contraception, elles n'étaient plus que 40,5% en 2013 et 36,5% en 2016, indique cette étude, comparant ses résultats avec ceux des deux précédentes enquêtes "Fecond" réalisées par l'Inserm et l'Ined en 2010 et 2013.

La baisse de son utilisation profite à d'autres moyens de contraception, notamment au stérilet ou dispositif intra-utérin (DIU, +6,9 points par rapport à 2010), au préservatif (+4,7 points) et à l'implant (+1,9 point).

Des disparités liées à l'âge 

La pilule est davantage utilisée par les 15-19 ans (60,4%) et les 20-24 ans (59,5%), puis son utilisation diminue par la suite pour concerner moins de la moitié (47,8%) des 25-29 ans et plus qu'un tiers (35,4%) des 30-34 ans. Entre 20 et 29 ans notamment, "soit elles abandonnent la pilule pour des méthodes à l'efficacité plus élevée (DIU, implant), soit, au contraire, pour le préservatif, certes efficace contre les infections sexuellement transmissibles mais moins sur le plan contraceptif", constate Delphine Rahib, chargée de l'étude.

"Même si la pilule reste la méthode de contraception la plus utilisée, elle connaît une désaffection qui persiste depuis 2012 suite au débat sur les risques liés aux pilules de 3e et 4e génération", souligne toutefois ce baromètre réalisé à l'occasion de la Journée mondiale de la contraception, le 26 septembre. Par ailleurs, moins de 5% de femmes utilisent des méthodes dites "traditionnelles", telles que la symptothermie, la méthode des températures et le retrait.

La polémique sur le risque des pilules de 3e et 4e génération avait été lancée à la suite de la plainte, récemment classée sans suite par la justice, d'une victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) imputé à une pilule de 3e génération.

Enquête réalisée du 8 janvier au 1er août auprès de 4 315 femmes âgées de 15 à 49 ans concernées par la contraception.