Contraception définitive : la plainte contre Bayer toujours pas examinée

Le tribunal de Bobigny devait examiner la plainte de trois femmes contre Bayer HealthCare, fabricant des implants Essure, ce lundi 23 janvier. L'audience a été repoussée. Les pouvoirs publics, eux, n'ont pas encore interdit la vente du dispositif sous surveillance renforcée depuis 2015.  

Marielle Klein, fondatrice de l’association R.E.S.I.S.T. (Réseau d’entraide, de soutien et d’informations sur la stérilisation tubaire) en juin 2016, a alerté les pouvoirs publics et la Justice des risques des implants tubaires Essure. Après sa plainte, le 9 décembre 2016, elle attendait une première réponse du tribunal de Bobigny ce lundi 23 janvier. Mais l’audience a été renvoyée.

Après son rendez-vous au ministère de la Santé, vendredi 20 janvier, elle espérait voir la suspension de la vente de ce dispositif de contraception définitive. En vain.

"Ils (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [ANSM] et le cabinet de la ministre de la santé) attendent les conclusions dans quelques semaines de deux études épidémiologiques. L’une menée par l’ANSM à partir de données de l’Assurance-maladie, et une autre demandée à Bayer par la Food and Drug Administration, l’autorité de santé américaine", rapporte au Monde Maître Charles Joseph-Oudin, l’avocat de Marielle Klein, et des deux autres plaignantes.

Me Joseph-Oudin souhaite aussi que Bayer HealthCare prenne en charge le coût des expertises. Son estimation ? "3 000 à 4 000 euros par dossier. Environ 200 dossiers sont en cours de constitution. Ce serait pour Bayer une bonne façon de manifester son intention de faire la lumière sur cette affaire."

Les trois femmes avaient déposé plainte le 9 décembre 2016, contre Bayer HealthCare, fabricant des implants Essure. Avant cela, elles avaient alerté sur les risques et les effets secondaires de ce dispositif. Marielle Klein avait notamment lancé une pétition contre Essure, pétition qui avait rallié plus de 50 000 signataires.