Cancers et prothèses mammaires : la France interdit les modèles les plus répandus

Des prothèses mammaires avant une opération. (Illustration). 
Des prothèses mammaires avant une opération. (Illustration).  (PATRICK BLANCHARD / MAXPPP)

Les prothèses mammaires à enveloppe macro texturée vont être interdites par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé selon les informations de la cellule investigation de Radio France. 

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s'apprête à interdire les prothèses mammaires à enveloppe macro texturée, c'est-à-dire rugueuse. Six fabricants sont concernés, selon une information de la cellule investigation de Radio France, en partenariat avec l'ICIJ, le Consortium international des journalistes d'investigation. Ces implants sont les plus répandus en France. On estime à plus de 500 000 le nombre de Françaises porteuses de prothèses mammaires.  

L'ANSM devrait annoncer sa décision de police sanitaire à l'occasion d'un petit-déjeuner de presse qui se tiendra jeudi 4 avril 2019. Le 2 avril, l'agence sanitaire a prévenu par courrier les industriels concernés. Dans une lettre que l'ICIJ s'est procurée l'agence explique sa décision par une "augmentation significative depuis 2011 des cas de lymphome anaplasique à grandes cellules" (LAGC) associé au port de prothèses mammaires. Cinquante-neuf cas de LAGC ont été recensés en France. Plusieurs femmes en sont mortes. 

Selon nos informations, la décision de police sanitaire prévoit, à partir du 5 avril 2019, l'interdiction de mise sur le marché, la distribution, la publicité et l'utilisation des implants ainsi que le retrait des produits "au vu du danger rare mais grave que leur implantation est susceptible de constituer", écrit l'ANSM. Outre les implants à enveloppe macro texturée, les autorités sanitaires envisagent également d'interdire les implants mammaires polyuréthane. Les fabricants concernés sont : Allergan, Arion, Sebbin, Nagor, Eurosilicone, Polytech.  

En novembre 2018, alors que Radio France et ses partenaires s'apprêtaient à sortir une vaste enquête sur les liens entre cancer et implants texturés, l'ANSM avait "recommandé" aux chirurgiens de ne plus poser que des implants à enveloppe lisse, dans l'attente d'une concertation sur le sujet. 

Vous êtes à nouveau en ligne