Des chercheurs mettent au point un test sanguin prometteur pour détecter des cancers avant l'apparition des symptômes

Un chirurgien réalise une opération robotisée complexe pour enlever une tumeur de l\'œsophage au Royal Marsden Hospital de Londres, le 10 janvier 2018.
Un chirurgien réalise une opération robotisée complexe pour enlever une tumeur de l'œsophage au Royal Marsden Hospital de Londres, le 10 janvier 2018. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

L'étude, publiée dans la revue "Science", donne l'espoir de dépister des tumeurs difficiles à détecter de façon précoce et ainsi améliorer les chances de guérison.

Il pourrait révolutionner les méthodes de prévention des cancers. Un test sanguin expérimental a permis de détecter de façon précoce les huit cancers les plus fréquents dans 70% des cas en moyenne, selon une étude publiée jeudi 18 janvier dans la revue spécialisée Science. Une avancée qui donne l'espoir de dépister la maladie avant même l'apparition de symptômes et d'améliorer ainsi les chances de guérison.

L'étude a porté sur plus d'un millier de patients dont la tumeur ne s'était pas encore propagée. Ces résultats pourraient placer l'équipe de chercheurs de l'Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland), menée par Nickolas Papadopoulos, en tête dans la compétition en cours pour commercialiser un test sanguin universel de dépistage du cancer.

Une méthode originale

Les mutations génétiques provoquent la croissance de cellules cancéreuses, dont l'ADN se retrouve dans le sang. Certains chercheurs ont déjà mis au point des "biopsies" des cellules cancéreuses circulant dans le sang et peuvent déterminer comment un patient répondra aux différents traitements. Mais la détection de bribes d'ADN portant la signature d'un cancer naissant reste difficile. Plusieurs sociétés de biotechnologie ont déjà mené des études pour trouver les marqueurs d'ADN spécifiques du cancer.

Mais les chercheurs de Johns Hopkins ont adopté une approche très différente. Ils ont décidé de séquencer seulement des parties de 16 gènes qui mutent le plus souvent dans différents types de tumeur. Ils ont ajouté huit bio-marqueurs de protéines caractéristiques de ces cancers. Cette combinaison a nettement accru la sensibilité du test et permis de déterminer quel tissu de l'organisme était affecté.

Le dépistage des cancers les plus difficiles à repérer

Le taux de détection a varié de 33% à 98% selon les tumeurs, précisent les auteurs. La sensibilité a été de 69% et plus pour les cancers de l'ovaire, du foie, de l'estomac, du pancréas et de l'œsophage qui sont tous difficiles à détecter précocement, ont précisé les chercheurs. L'équipe de recherche a déjà déposé un brevet pour ce test, appelé "CancerSEEK", dont le coût sera inférieur à 500 dollars.

L'étude pointe néanmoins plusieurs problèmes potentiels. Des personnes sans cancer mais souffrant de maladies inflammatoires comme l'arthrite pourraient être testées faussement positives. En outre, "CancerSEEK" ne sera probablement pas aussi efficace chez des patients sans symptômes dont les tumeurs plus petites pourraient diffuser moins d'ADN dans le sangUn autre problème potentiel pourrait être le traitement inutile et risqué de certaines de ces petites tumeurs qui n'évoluent pas et ne présentent aucun danger.