Dépistage du cancer de la prostate : les pratiques évoluent

Moins d'ablations de la prostate, moins de dépistages par test PSA, moins de biopsies : après des années de sur-diagnostic et de sur-traitement du cancer de la prostate, une évolution en sens inverse semble désormais amorcée, selon une étude publiée ce 22 mars 2016 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

De l'ordre de 25.000 par an en 2009 et 2011, les ablations de la prostate (prostatectomies) ont chuté à 21.800 en 2012 pour atteindre 19.600 en 2014, selon l'étude publiée dans le BEH. Les données présentées révèlent également une légère baisse des dosages annuels du PSA (prostate specific antigen) chez les hommes de plus de 40 ans - qui sont passés de 30% en 2009 à 27% en 2014 - tandis que les biopsies ne concernent plus que 40.000 hommes en 2014 contre 60.000 en 2009.

Toujours trop de dosage PSA ?

En 2012, l'Assurance maladie avait tiré la sonnette d'alarme, relevant que le dépistage du cancer de la prostate par dosage sanguin du PSA était "massif" en France, contrairement aux recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). Celle-ci juge en effet que le bénéfice d'un tel dépistage n'est pas démontré "en terme de réduction de mortalité globale".

Malgré cette recommandation, les "fréquences annuelles de dosage du PSA restent encore élevées en France", notamment chez les hommes très âgés (46% des 80 à 84 ans ont fait l'objet d'un dosage de PSA en 2014).

Surtraitement

En 2013, une étude de l'Inserm avait estimé qu'entre 10 à 20% des cancers de la prostate détectés à un stade précoce étaient sur-traités en France, soit 3.000 à 5.000 hommes au total, traités par chirurgie ou radiothérapie, avec des effets secondaires incluant l'impuissance ou l'incontinence.

Dans l’étude publiée ce 22 mars dans le BEH, les chercheurs reconnaissent qu'une "évolution des pratiques visant à limiter le sur-diagnostic et le sur-traitement semble amorcée" aujourd'hui, en dépit de résultats encore limités pour le test PSA. Mais ils observent également un recours de plus en plus important aux IRM depuis le début des années 2010, alors que la place de cette imagerie "doit encore être évaluée".