Congrès mondial du cancer : des chercheurs dressent un premier bilan sur l’immunothérapie, efficace sur certains malades

Un infirmier dans un hôpital. (Illustration). 
Un infirmier dans un hôpital. (Illustration).  (FRANÇOIS DESTOC / MAXPPP)

Cette technique fonctionne bien pour environ un patient sur cinq. Les médecins cherchent à comprendre comment améliorer ce traitement qui permet d'éviter la chimiothérapie. 

Il y a quelques années, les médecins parlaient de l'immunothérapie comme d’une "révolution". Au congrès mondial du cancer à Chicago, la très bonne surprise des premiers essais d’immunothérapie est désormais loin. Les chercheurs réunis aux États-Unis reviennent sur cette méthode avec désormais plus de recul et peuvent même établir un premier bilan. 

Une méthode qui fonctionne sur un patient sur cinq 

Le principe est de renforcer le système immunitaire du patient pour que ce soit le corps du malade lui-même qui détruise le cancer. Cette méthode fonctionne très bien mais pour seulement un patient sur cinq. Il reste à trouver pourquoi. 

L’immunothérapie est aujourd’hui utilisée pour combattre le mélanome, le cancer de la peau, les cancers du rein, du poumon, et ORL notamment. Il faut arriver à étendre le champ explique le professeur Aurélien Marabelle, président de la société française d’immunothérapie. "On a identifié des cancers qui ne répondent pas bien à l'immunothérapie. Il s'agit des cancers de la prostate, la plupart des cancers du côlon, ceux du pancréas. On a des cancers qui sont résistants à ces traitements. L'explication claire de cette résistance, on ne l'a pas aujourd'hui, dit-il. Cela fait partie des grands enjeux de recherche à la fois scientifique et clinique, d'essayer de mieux comprendre pourquoi un patient va répondre ou pas à l'immunothérapie"

Les chances de survie augmentent 

Au congrès de Chicago cette année, l’un des thèmes principaux, c’est aussi la durée de survie des patients car désormais les médecins ont quelques années de recul sur l'imnunothérapie. Yohann Loriot, cancérologue à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, prend l'exemple du cancer de la vessie.

Il vient de prouver que chez les patients qui réagissent bien à l'immunothérapie, très peu ont rechuté au bout de deux ans. "Les patients traités depuis plusieurs années sont toujours en vie, chose que l'on ne voyait pas jusqu'à présent avec la chimiothérapie dans le cancer de la vessie. Clairement, l'immunothérapie change le pronostic des patients. Évidemment ce n'est pas très intéressant si cela dure trois ou quatre mois, c'est beaucoup plus intéressant si ça dure un an, deux ans, voire plusieurs années", conclut-il. 

La recherche se poursuit 

Actuellement, 3 000 essais cliniques sont menés dans le monde sur l’immunothérapie. La recherche fourmille, explique Diane Damotte, chercheuse dans le cancer du poumon. "Il y a pleins de molécules. Les laboratoires pharmaceutiques sont en train de sortir une quantité de médicaments qui ciblent pleins de choses différentes. On a probablement la réponse sous les yeux, mais il faut la trouver", dit-elle. L’enjeu de demain, c'est de pouvoir trouver les bonnes combinaisons pour les malades avec ces médicaments qui existent déjà. 

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