Cancers : l’écart entre les femmes et les hommes se réduit

Cancers : l’écart entre les femmes et les hommes se réduit
Cancers : l’écart entre les femmes et les hommes se réduit

Le cancer touchait surtout les hommes mais, depuis trois décennies, l’écart se réduit au détriment des femmes à la fois en terme d’incidence et de mortalité, selon un rapport de Santé publique France.

En matière de cancer, les femmes rattrapent les hommes. C’est le principal constat qui se dégage du rapport Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 publié par Santé publique France le 2 juillet 2019. Tous cancers confondus, l’écart entre les hommes et les femmes s’est donc réduit au cours des 30 dernières années, en défaveur des femmes.

1,1% de cas annuels en plus chez les femmes

Ainsi, en 2018, 382.000 nouveaux de cas de cancers ont été enregistrés en France métropolitaine dont 204.583 pour les hommes et 177.400 pour les femmes. Cette même année, 157.400 décès par cancer sont à déplorer (89.621 hommes et 67.800 femmes).
Et si le nombre de nouveaux cas de cancers (ou incidence) est stable chez les hommes (+0,1% par an), Santé publique France constate qu’il s’accroît chez les femmes avec +1,1% par an.

De plus, "les taux de mortalité par cancer ont diminué de façon plus prononcée chez l'homme entre 1990 et 2018 (-1,8% par an en moyenne chez l'homme et -0.8% par chez la femme"), selon le rapport qui analyse les tendances sur près de 30 ans.

Evolution des comportements féminins

Mais comment expliquer ce phénomène ? Principale cause évoquée par Santé publique France : une évolution globale des mœurs féminines au cours des dernières décennies. Dans le détail, cela correspond à une hausse des consommations d’alcool et de tabac chez les femmes, à des changements de comportements alimentaires et à une fréquence croissante de l’obésité ou de l’hypertension artérielle.


Un exemple typique est celui du tabagisme : "l'incidence (+5,3 % par an) et la mortalité (+3,5 % par an) du cancer du poumon enregistre la plus forte progression chez la femme". C'est l'évolution "la plus préoccupante", compte tenu du "pronostic sombre" de ce cancer. En regard, la mortalité par cancer du poumon (10.356 décès en 2018 pour plus de 15.000 cas diagnostiqués) montre son "impact" chez les femmes, remarque Gautier Defossez (réseau Francim), coordonnateur de la partie portant sur les cancers solides interrogé par l’AFP.

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Pancréas, foie et peau

Le rapport pointe aussi l'augmentation du taux d'incidence du cancer du pancréas plus élevée chez les femmes (+3,8 %  par an contre +2,7 % chez les hommes), et la hausse de la mortalité due à ce cancer chez elles (+1,2 % par an).


Le taux de cas de cancer du foie diagnostiqués annuellement progresse également plus vite chez la femme (+3,5% contre +1,6 % par an chez l'homme).
Mais la plus forte progression du nombre de cas diagnostiqué entre 2010 et 2018 concerne le mélanome cutané. Or "85% sont attribuables aux UV naturels ou artificiels et considérés comme évitables", souligne Gautier Defossez en plaidant pour l'éducation à la prévention dès l'enfance.

Le cancer du sein reste néanmoins le cancer le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes, avec près de 59.000 nouveaux cas et un peu plus de 12.000 décès annuels. 

Du côté des hommes, enfin, les constats faits par ce rapport sont plus "positifs" : certains cancers très fortement liés à l'alcool et au tabac (lèvre-bouche-pharynx, larynx, oesophage) présentent chez les hommes des fortes variations à la baisse, à la fois en terme de nombre de nouveaux cas et de mortalité.

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