Cancer du col de l'utérus : attention aux traitements excessifs

En 2015, 1.092 femmes sont mortes des suites d’un cancer du col de l’utérus. Des chiffres alarmants aux yeux des gynécologues, car en matière de prévention et de vaccination, la France est une bien mauvaise élève. Quant aux traitements, ils sont jugés trop souvent excessifs.

40% des femmes, en France, ne se rendent pas régulièrement chez leur gynécologue pour réaliser un frottis. Seulement 15% des jeunes femmes sont vaccinées contre le papillomavirus, qui provoque des lésions précancéreuses du col de l'utérus.  Dépistage et vaccination : deux gestes simples, pas assez pratiqués. Ils permettraient pourtant de sauver des vies.

Quand la maladie est dépistée, le traitement de référence est la "conisation". Une intervention chirurgicale consistant à retirer les lésions du col de l’utérus qui pourraient dégénérer en cancer. Chaque année, en France, plus de 25.000 conisations sont ainsi réalisées, d'après la Société française de pathologies cervico-vaginales, un tiers de ces traitements ne serait pas justifié. Seules 10% des femmes qui présentent des lésions vont développer un cancer du col de l’utérus.

"Pourquoi on a un excès de traitements : parce que les patientes sont très inquiètes d’avoir un papillomavirus ou une lésion du col et souhaitent s’en débarrasser très rapidement. On sait aujourd’hui que l’immense majorité de ces lésions, quand elles sont légères, régressent spontanément et n’ont pas besoin de traitement parce qu’il y a une immunité spontanée qui se crée", précise Dr Jean-Luc Mergui, gynécologue à l'hôpital La Pitié-Salpêtrière (AP-HP).

Les conisations ne sont pas anodines chez les femmes en âge de procréer. Elles accroissent le risque d'accouchements prématurés ou de mortalité néonatale. Et plus la quantité de cellules retirées est importante, plus le risque augmente. C’est ce qui arrive lorsque la conisation est réalisée sans colposcopie, c’est-à-dire sans contrôle microscopique. Or d'après la Société française de pathologies cervico-vaginales, 70% des interventions seraient justement réalisées sans colposcopie.

Pour éviter ces excès la société a mis en place une charte de qualité censée homogénéiser la formation et la pratique des gynécologues qui prennent en charge les cancers du col de l’utérus.

 

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