Bébés nés sans bras : Delphine Batho dénonce un "dysfonctionnement" de Santé publique France et demande une enquête de l'Igas

Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’Écologie, à l\'Assemblée nationale le 17 octobre 2018.
Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’Écologie, à l'Assemblée nationale le 17 octobre 2018. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

La députée des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’Écologie demande mercredi sur franceinfo une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales sur l'affaire des enfants nés avec une malformation des membres supérieurs.

Alors que l'agence Santé publique France a annoncé mardi avoir identifié 11 cas supplémentaires d'enfants nés avec une malformation des membres supérieurs dans l'Ain entre 2000 et 2014, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’Écologie demande mercredi 31 octobre sur franceinfo "une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas)", car selon elle les premières alertes dans cette affaire depuis 2014 ont été "manifestement traitées à la légère" ou "volontairement ignorées". Elle y voit un "dysfonctionnement". L'identification de ces 11 nouveaux cas porte le total à 18 cas sur quinze ans pour le département de l'Ain alors que d'autres cas sont signalés en Bretagne ou en Loire-Atlantique.

franceinfo : Une enquête nationale est désormais en cours. Cela veut dire désormais que les choses sont prises au sérieux ?

Delphine Batho : Je l'espère parce que le déni dans lequel étaient les autorités de santé était intenable et on assiste aujourd'hui à un revirement spectaculaire de Santé publique France qui le 4 octobre dernier tenait une conférence de presse pour dire qu'il n'y avait pas de nombre anormal de cas dans le département de l'Ain, qu'il n'y avait pas de raison de rechercher les causes de ces malformations, et qui aujourd'hui signale ces cas supplémentaires.

Moi je souhaite qu'il y ait maintenant une saisine de l'IGAS, qu'il y ait un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales pour qu'on sache pourquoi ces alertes, qui ont été signalées en 2014, en 2016, en 2018, ont été manifestement traitées à la légère, soit volontairement ignorées. Il y a assurément un dysfonctionnement qui n'est pas normal. Donc je demande qu'il y ait une enquête de l'IGAS comme ça a été fait dans d'autres affaires du même genre car ce n'est absolument pas normal la façon dont les alertes ont été ignorées et qu'on découvre maintenant des cas supplémentaires.

Donc maintenant il faut faire un bilan complet sur toute la France ?

Il faut surtout savoir - parce que c'est important pour ce problème de malformations congénitales inexpliquées mais que ça peut l'être dans d'autres domaines de la santé publique - pourquoi l'institution qui est chargée de traiter les alertes, d'engager les enquêtes scientifiques, a refusé de le faire en 2014, en 2016, en 2018, jusqu'à ce que finalement la ministre de la Santé leur ordonne de changer de position. Il faut comprendre la cause de ce dysfonctionnement.

Vous voulez dire qu'on a peut-être cherché à minimiser le problème sciemment ?

Je ne sais pas. Je demande qu'il y ait un rapport de l'IGAS et qu'il y ait une investigation de l'IGAS comme ça a été fait dans d'autres problèmes sanitaires graves parce qu'on ne peut pas laisser des revirements aussi spectaculaires de Santé publique France sans investigation et sans comprendre pourquoi on nous explique aujourd'hui l'inverse de ce qu'on nous a expliqué au début du mois d'octobre.

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