Bébés nés sans bras : "Ce sont des effets du hasard, on ne peut pas avoir une explication de tout, sur tout dans la vie"

Naissance d\'un bébé (illustration).
Naissance d'un bébé (illustration). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Les malformations ne sont pas liées à l'environnement, selon le docteur Ségolène Aymé, interrogée vendredi sur franceinfo. Les trois cas de Guidel "sont malheureusement juste là par hasard", affirme-t-elle.

"Les familles devraient être rassurées : on a fait tout ce qu'on pouvait, il n'y a pas d'explication à chercher parce qu'il n'y a pas d'augmentation réelle des cas", a estimé vendredi 12 juillet sur franceinfo le docteur Ségolène Aymé, généticienne et épidémiologiste, présidente du Comité national d’évaluation des registres. Un groupe d'une vingtaine de scientifiques a rendu son rapport après des analyses et investigations menées depuis février autour des cas groupés d'enfants nés sans bras - 20 au total - dans le Morbihan, l'Ain et la Loire-Atlantique.

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"Les trois cas de Guidel (Morbihan) sont malheureusement juste là par hasard. On ne peut pas avoir une explication de tout sur tout dans la vie", ajoute le médecin. "On a regardé si ce phénomène s'était produit dans d'autres régions et pays. Il n'y avait aucun signe d'augmentation sur les 10 dernières années dans les autres registres européens, dans les autres régions françaises surveillées", explique-t-elle.

Pas de lien à l'environnement

Selon Ségolène Aymé, les malformations ne sont pas des événements de santé très liés à l'environnement "parce que les deux premiers mois de la grossesse constituent une période où le 'plan d'architecture' du futur bébé est en place et est très robuste. Il faut des événements majeurs dans l'environnement pour perturber cela"

"Les augmentations de cas confirmées, ce sont toujours des expositions aux médicaments. Ce sont des substances qui vont directement au foetus via le placenta", constate-t-elle. "L'exemple le plus récent était la Dépakine. Mais là, en l'état, ni en Bretagne, ni dans l'Ain, les mamans n'avaient pris de médicaments."

"On parle d'événements qui sont très rares. Donc dès qu'il y a deux ou trois cas qui arrivent dans une période de temps rapprochée et dans des lieux assez proches, ça frappe évidemment l'esprit des gens. Ils le remarquent et ils le signalent, ce qui est très bien", explique le médecin. "Mais dans la plupart des cas, il s'agit en réalité d'effets du hasard, qui ont toujours existé, pas seulement pour les anomalies des bras, mais aussi plus globalement pour les malformations et les maladies rares comme les cancers de l'enfant, par exemple".

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