VIDEO. Au cœur de Rungis avec le réseau d'épiceries solidaires Andes qui vient y faire son marché en récupérant les invendus

Si c’est pendant la nuit que les affaires se traitent dans les halles de Rungis, c’est au matin que Cédric fait le tour des grossistes. Il vient collecter auprès d’eux ce qui n’a pas trouvé preneur. Des produits frais invendus qui iront garnir les rayons d’épiceries sociales… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 20 octobre 2019.

Le marché international de Rungis (Val-de-Marne) fonctionne à plein la nuit, quand la ville dort. Cette ruche hyperactive est le plus grand marché de produits frais au monde : 234 hectares à sept kilomètres de Paris, 1 200 entreprises implantées, 9 milliards de chiffre d'affaires par an, 18 millions de consommateurs… Le soleil est complètement levé quand Cédric entame sa journée en arpentant les pavillons des fruits et légumes pour récupérer les invendus. L’Association nationale de développement d’épiceries solidaires (Andes), installée ici depuis 2008, vient de l’embaucher comme coordinateur.

Ce réseau propose des denrées de qualité à des personnes en difficulté économique. Une épicerie solidaire est un lieu qui offre "une aide alimentaire qui n’en a pas l’air", affirme l’Andes. Ce matin-là, il fait le tour des grossistes qui sont en train de boucler leur nuit de travail. Avec plus ou moins de succès : "Je viens voir si on peut récupérer des choses…" dit-il à un marchand qui n’a rien à donner cette fois. Il le dirige vers un confrère auprès de qui Cédric fait encore chou blanc… 

"A Rungis, il y a le business… mais il y a également l’humanité"

Patrick a environ 600 kilos de pommes de terre à offrir : "Cela représente une perte de 350 à 400 euros, mais ce n’est pas très important dans mon volume", explique-t-il au magazine "13h15 le dimanche" (replay). "Une équipe d’une vingtaine de personnes va trier ce qui est revendable pour que notre réseau puisse distribuer ces fruits et légumes à un prix défiant toute concurrence dans des épiceries solidaires. Un produit qui se vend 2 euros, on va arriver à le vendre 20 centimes", précise Cédric.

"Avec 600 kilos de pommes de terre, on nourrit beaucoup de personnes, estime le grossiste. Il n’y a pas que le business. Rungis, c’est un milieu humain. il y a le business, mais il y a également l’humanité." C’est Gilou, en contrat d’insertion, qui va apporter la marchandise à trier au dépôt d’Andes : "Avant, j’étais dans le transport de personnes à mobilité réduite. J’ai été licencié économique. Si je te racontais ma vie, mon pauvre… Là, je suis bien, heureux. Je conduis et me sens utile. Je viens bosser le matin avec la banane, c’est l’essentiel."

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