Une enquête ouverte sur la mort d'un enfant qui pourrait être liée à la consommation de reblochon contaminé

Des reblonchons chez un fabricant du Grand Bornand, en Haute-Savoie, le 29 janvier 2015.
Des reblonchons chez un fabricant du Grand Bornand, en Haute-Savoie, le 29 janvier 2015. (MOIRENC CAMILLE / HEMIS.FR / AFP)

L'agence sanitaire ni l'âge de l'enfant, ni la date de sa mort. 

Les autorités sanitaires enquêtent sur la mort d'un enfant, qui pourrait être liée à la consommation d'un reblochon soupçonné d'être contaminé à la bactérie E. coli, a annoncé Santé publique France, vendredi 1er juin. L'agence sanitaire n'a précisé ni l'âge de l'enfant, ni la date de sa mort. En début de soirée, la fromagerie familiale Chabert, qui fabrique ce produit, avait annoncé le rappel de nouveaux lots "par mesure de précaution", après deux précédents rappels les 11 et 14 mai.

"Au 31 mai 2018, 14 enfants âgés de un à cinq ans sont inclus dans l'investigation de cette épidémie", a précisé Santé publique France dans un communiqué. Parmi ces 14 enfants, six ont été infectés par une même souche de la bactérie, et on sait avec certitude qu'ils ont consommé du reblochon incriminé. Ces six enfants, qui vivent dans plusieurs régions différentes (Centre-Val de Loire, PACA, Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays-de-la-Loire), ont tous été atteints par un syndrome hémolytique et urémique (SHU). Cette maladie, dont l'origine est le plus souvent alimentaire, est potentiellement grave pour les jeunes enfants. Il s'agit d'une complication d'un épisode de diarrhée souvent sanglante, qui peut provoquer une insuffisance rénale aiguë.

"On ne peut ni écarter ni affirmer que ces cas soient liés à la consommation de reblochon"

Pour les huit autres enfants, "des investigations sont en cours" car on ne sait pas s'ils ont ou non consommé le reblochon incriminé. "Parmi eux, deux ont présenté des signes de gastroentérite et six ont présenté un SHU, a déclaré Santé publique France. Un des enfants atteints de SHU est décédé ; l'investigation autour de ce cas est en cours." "A ce jour, on ne peut ni écarter ni affirmer que ces cas de SHU soient liés à la consommation de reblochon : souche non isolée et caractérisée, ou consommation de reblochon incriminé pas encore documentée", a souligné l'agence sanitaire.

Fabriqués à Cruseilles (Haute-Savoie), les reblochons sont notamment vendus sous les marques Chabert, LeTartiflard, et des marques de distributeurs d'une certain nombre d'enseignes comme Nos régions ont du talent (Leclerc) et Saveurs de nos Régions (Lidl). "L'entreprise Chabert partage l'inquiétude des familles concernées, collabore à l'enquête au côté des services de l'Etat et prend les mesures nécessaires pour remédier à cette situation", a affirmé Céline Chabert, dirigeante de la fromagerie.

Elle a assuré avoir "renforcé les analyses à la production du lait dans un laboratoire indépendant pour déterminer la source de présence éventuelle d'E. Coli O26". Sur les 456 analyses réalisées, "100% des lots analysés sont conformes", selon le communiqué de la société. Pour autant, "par mesure de précaution, aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre, le lait des producteurs du site de Cruseilles est écarté". Un numéro vert est ouvert aux consommateurs sept jours sur sept de 9H00 à 20H00, le 0800 94 52 35.