Etiquetage nutritionnel : l'efficacité du code à cinq couleurs démontrée

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En Europe, plusieurs signalétiques ont été mises en place pour informer les consommateurs sur les qualités nutritionnelles des denrées alimentaires. Selon une étude, menée sur près de 12.000 personnes, le système à cinq couleurs défendu par plusieurs sociétés de santé publique françaises, serait particulièrement efficace. Le détail de ces travaux a été publié ce 14 décembre dans la revue American Journal of Preventive Medicine (AJPM).

Dans le contexte de la stratégie nationale de santé, le professeur Serge Hercberg avait remis, en 2014, à la ministre de la Santé, un rapport intitulé "Propositions pour un nouvel élan de la politique nutritionnelle française de santé publique", qui préconisait notamment le recours à une signalétique nutritionnelle simplifiée.

Plusieurs associations de consommateurs et sociétés d'experts, parmi lesquelles le Haut Conseil de la Santé publique, se sont exprimées en faveur de ce dispositif. La loi Santé, qui doit être définitivement adoptée le 17 décembre 2015, prévoit de "faciliter l'information et le choix des consommateurs". Toutefois, la nature précise du dispositif sera détaillée dans un décret. Les enjeux économiques et sanitaires d'une information clarifiée du consommateur ont entraîné un intense bras de fer entre l'industrie agroalimentaire et les acteurs de la santé publique.

Un modèle a particulièrement retenu l'attention en France : un logo cinq couleurs (du vert au rouge) assorties de lettres (A à E). Le logo "A vert" est associé la meilleure note et le "E rouge" la moins bonne.

Huit chercheurs français, au nombre desquels Serge Hercberg, ont essayé de déterminer si cette préconisation était la plus judicieuse. Pour leurs travaux, ils ont sollicité en avril 2015 les 11.981 participants du programme de recherche NutriNet-Santé. L'objectif était de mesurer l'effet, sur leur panier d'achat, de différentes signalétiques nutritionnelles apposées sur la face avant d'emballages alimentaires.

Répartis par tirage au sort en cinq groupes, les participants étaient invités à faire leurs achats d'une semaine dans un supermarché en ligne proposant 269 produits de marques ou distributeurs. Un premier groupe avait accès à des aliments étiquetés avec le logo cinq couleurs (vert/jaune/orange/rose/rouge) ; le deuxième devait se référer un système dit de "coche verte" (utilisé dans certains pays scandinaves et aux Pays-Bas) ; le troisième utilisait un système type "feu tricolore" ("Traffic Lights Multiples", utilisé en Grande-Bretagne) ; le quatrième, les Repères nutritionnels journaliers (ou GDA), déjà utilisés en France par certains industriels ; le dernier groupe n'avait aucun logo pour orienter ses achats virtuels.

Selon les résultats de l’étude, l'ensemble des logos, à l’exception des Repères nutritionnels journaliers (GDA), permettent de réduire la teneur en calories du panier d'achat, comparé à la situation de référence sans logo. Le logo cinq couleurs apparaît avoir eu les conséquences les plus positives sur la qualité nutritionnelle du panier d'achat - avec des teneurs en graisses (lipides et acides gras saturés) et en sel plus faibles comparé à la situation sans logo, selon les auteurs.

La coche verte a eu un effet positif uniquement sur la teneur en graisses des produits.

"Le logo cinq couleurs, qui s'est avéré le plus efficace, a permis une diminution d'un peu plus de 4% de graisses saturés dans ces achats. C'est une réduction non négligeable en termes de santé publique", notamment en matière de maladies cardiovasculaires, a détaillé à l'AFP Pauline Ducrot (Université Paris 13/Eren) qui cosigne l'article.

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