Enquête : que vaut le foie gras bulgare ?

FRANCE 2

Les éleveurs français ne font pas seulement face à la résurgence de la grippe, mais aussi à la forte concurrence du foie gras bulgare, vendu jusqu'à 50% moins cher que le foie gras français. France 2 a enquêté. 

Opération coup de poing des éleveurs du Sud-Ouest à Auch (Gers), le 21 novembre 2017. Déjà affaiblis par la grippe aviaire, ils se sentent menacés de mort par ces produits importés de Bulgarie et vendus sans scrupules aux rayons produits régionaux. "Si vous voulez voir que c'est du bulgare, il faut regarder sous la boîte, et c'est plus ou moins lisible selon les impressions", explique Lionel Candelon, porte-parole de l'association "Canards en colère".

Des produits vendus 40 à 50% moins chers que le foie gras français

Ils sont vendus 40 à 50% moins cher que le foie gras français et affichent les lettres BG, comme Bulgarie. Alors dans quelles conditions ces foies gras sont-ils produits ? France 2 s'est rendue sur place pour le savoir. À 1h30 de Sofia, la capitale, de nombreuses fermes, souvent vétustes, se sont spécialisées dans l'élevage de canards. Toutes refusent de nous répondre. Mais équipés d'une caméra discrète, nous découvrons des canards en cages collectives, conformément à la réglementation européenne, et gavés au grain, selon la méthode traditionnelle. Les éleveurs gagnent près de 1 000 euros par mois, un très bon salaire dans le pays. Direction l'abattoir et l'atelier de production. 40% de sa marchandise part en France, 40% en Espagne, le reste en Italie, en Belgique et au Japon. Un peu pour les particuliers et beaucoup pour les restaurateurs. Les 200 salariés de l'usine sont payés autour de 600 euros par mois, un bon salaire en Bulgarie. Mais c'est deux fois moins que le SMIC français, et c'est bien là le principal argument pour percer le marché hexagonal. 

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