Dioxyde de titane : l'additif E171 sera interdit dans les denrées alimentaires en France à partir du 1er janvier 2020

Le dioxyde de titane (E171) est présent dans de nombreux produits liés à la confiserie ou aux cosmétiques. (Photo d\'illustration)
Le dioxyde de titane (E171) est présent dans de nombreux produits liés à la confiserie ou aux cosmétiques. (Photo d'illustration) (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Les ministères de l'Ecologie et de l'Economie ont pris cette décision après un rapport de l'Anses sur la question. L'arrêté a été signé et sera publié dans "les meilleurs délais", précise un communiqué.

Le gouvernement a décidé d'interdire "par précaution" la mise sur le marché français des denrées alimentaires contenant du dioxyde de titane (TiO2, un additif connu sous le nom d'E171) dès le 1er janvier 2020, annonce un communiqué conjoint des ministères de l'Ecologie et de l'Economie, mercredi 17 avril. Le texte évoque notamment les "incertitudes résiduelles pour garantir la sécurité de l'utilisation de cet additif". Il ajoute qu'"aucune dose journalière admissible n'a pu être fixée pour cet additif, en raison du manque de données".

Un arrêté a été signé et sera publié "dans les meilleurs délais", précise encore le communiqué. "L'additif E171 bénéficiant d'une autorisation délivrée au niveau de l'Union européenne, cet arrêté sera notifié dès signature à la Commission européenne et aux autres Etats-membres, qui se réuniront dans un délai de 10 jours pour examiner cette mesure", précisent encore les ministères. Ce colorant est présent dans de nombreux produits, comme les confiseries, les dentifrices, les cosmétiques ou les médicaments.

L'arrêté ne concerne que les denrées alimentaires, insiste bien le ministère de la Transition écologique, contacté par franceinfo. "Pour l'heure, ce mouvement n'est pas envisagé pour les dentifrices, cosmétiques et médicaments."

Cette décision fait suite à un rapport de l'Anses

Cette substance contient des nanoparticules – d'une taille inférieure à 100 nanomètres, facilitant leur pénétration dans l'organisme – ce qui soulève l'inquiétude depuis plusieurs années des associations de défense des consommateurs et de l'environnement.

Dans un rapport remis lundi, l'Anses avait recensé 25 nouvelles études publiées depuis 2017, dont certaines ont fait état de "modification de mécanismes biologiques cellulaires chez la souris ou des anomalies du développement chez des invertébrés", provoqués par l'additif E171. Selon l'Anses, il fallait donc "limiter l'exposition des travailleurs, des consommateurs et de l'environnement" à cet additif en le remplaçant par "des produits dépourvus de nanomatériaux, sûrs et équivalents, en termes de fonction et d'efficacité".

L'Anses souligne dans son avis que l'évaluation des risques liés à l’emploi de cet additif souffre toujours d'un manque de données.Communiqué des ministères de l'Ecologie et de l'Economie

La date du 1er janvier 2020 pour une interdiction laisserait un peu moins de neuf mois aux industriels pour trouver des alternatives au dioxyde de titane. Même si le délai peut être considéré comme court, la loi alimentation prévoyait déjà à peu près la même chose. Depuis six mois d'ailleurs, certains professionnels ont pris les devants. Les confiseurs ont retiré l'additif douteux de leurs chaînes de production. C'est le cas aussi de Casino, du côté des distributeurs.

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