Tour Montparnasse : de l'amiante circule par les gaines d'aération

(Maxppp)

Un rapport d'expert, consulté mercredi par l'AFP, indique que les gaines d'aération et les gaines techniques situées dans la Tour Montparnasse peuvent véhiculer de l'amiante au sein du bâtiment. L'expertise avait été ordonnée à la suite d'un arrêté préfectoral pris au mois d'août après des dépassements répétés des seuils de pollution. La Tour Montparnasse est en cours de désamiantage depuis sept ans.

Depuis sept ans, la Tour Montparnasse, un des édifices emblématiques de Paris, est en cours de désamiantage. Pendant ces opérations, censées durer jusqu'en 2017,  quelque 5.000 salariés continuent de travailler au sein du bâtiment, avec la promesse des co-propriétaires que la qualité de l'air sera scrupuleusement contrôlée pendant la durée des travaux.

Les gaines d'aération, "un vecteur de transfert "

Problème, l'inspection du travail a constaté ces quatre dernières années plus de 72 dépassements du seuil règlementaire de fibres d'amiante présentes dans l'air. Une expertise a été ordonnée par arrêté préfectoral le 13 août de cette année et selon ses résultats, dévoilés ce mercredi, de la poussière d'amiante circule bien dans le bâtiment via les gaines d'aération. 

"Au regard des éléments étudiés sur
les pollutions récentes et sur des pollutions
plus anciennes affectant la Tour, je peux conclure que les gaines constituent
selon leur nature une source d'émission et une cause des transferts 
de
pollutions
", indique clairement l'expert mandaté.

Evacuer les lieux, "seule façon " de garantir la sécurité

Maître Ledoux est avocat de l'Andeva, l'association des victimes de l'amiante. Pour lui, cette expertise est
bien la preuve qu'on ne peut pas faire de travaux de désamiantage sans évacuer
les lieux.

"A partir du moment où on fait les travaux petit bout d'étage par petit bout d'étage, à partir du moment où il y a des gaines d'aération, évidemment les fibres d'amiante dégagées à l'occasion de ces opérations de désamiantage partiel sont susceptibles d'atteindre tous les bureaux et tous les étages de la Tour ", souligne l'avocat pour qui  "é vacuer complètement les lieux est la seule façon d'assurer une sécurité garantie et définitive ". 

Selon la note d'expert, "depuis le début des opérations d'expertise de nouveaux dépassements de seuils ont été relevés en août, en octobre puis en novembre " dans un parking.

De leur côté, les copropriétaires de la Tour évoquent dans un communiqué une note d'étape "rassurante " qui "confirme l'absence de toute pollution par l'amiante dans la Tour ". Il n'empêche que la préfecture leur a donné jusqu'en février pour se mettre en conformité. Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte le 4 octobre par le parquet de Paris pour "mise en danger de la vie d'autrui".

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