Amiante : 60 agents de la direction interdépartementale des routes portent plainte contre l'État

Des agents de la DIR (Illustration). 
Des agents de la DIR (Illustration).  (BAZIZ CHIBANE / MAXPPP)

Soixante agents invoquent le préjudice d'anxiété après avoir manipulé des enrobés qui contenaient de l'amiante. 

Soixante agents de la Direction interdépartementale des routes du Massif central ont porté plainte contre l'État et demandent une indemnisation pour le préjudice d'anxiété qu'ils subissent après avoir découvert en 2013 que les goudrons qu'ils manipulaient contenaient de l'amiante, rapporte France Bleu Hérault mardi 26 février.

Alors qu'une circulaire ministérielle a reconnu la présence d'amiante dans les enrobés routiers en 2013, le plaignant et membre de la CGT Fabrice Brucker estime qu'"a minima, depuis 1970, toutes les professions des travaux publics routiers ont été potentiellement exposées à des poussières contenant de l'amiante sans aucune protection". "Le préjudice d'anxiété, c'est une épée de Damoclès qu'on a au-dessus de la tête, poursuit-il. C'est cette inconnue, ne pas savoir quand on va tomber malade, si on va tomber malade. Les projets de vie, la famille, les enfants... Ce n'est pas suspendu mais on l'a toujours en tête", s'inquiète Fabrice Brucker.

Gilles Lautier, un plaignant quadragénaire et aussi syndicaliste de la CGT, dit avoir refusé d'avoir un troisième enfant en raison de son anxiété : "J'ai renoncé à ça, parce que je n'étais pas sûr d'assurer ma paternité. Là, je suis jeune mais si je tombe malade à 50 ans... Faut pouvoir prendre soin des siens".

Le tribunal administratif de Montpellier examine un premier dossier depuis vendredi 22 février et le rapporteur public va dans son sens, en estimant que le plaignant peut bien invoquer la souffrance morale. Les 59 autres dossiers, répartis entre les tribunaux de Montpellier, Clermont-Ferrand, Lyon et Paris, seront ensuite examinés. 

Vous êtes à nouveau en ligne