Mediator : Servier doit plusieurs millions d'euros à la Sécu

La pneumologue Irène Frachon, qui est à l\'origine des révélations sur le Médiator, montre une boîte de médicaments, le 14 mai 2012, au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine).
La pneumologue Irène Frachon, qui est à l'origine des révélations sur le Médiator, montre une boîte de médicaments, le 14 mai 2012, au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine). (CHARLES PLATIAU / REUTERS )

Une quinzaine de caisses primaires d'assurance-maladie ont assigné le laboratoire en justice pour obtenir des remboursements qui se font toujours attendre.

Dans le dossier des indemnisations du Mediator, le contribuable se substituerait dans de nombreux cas aux laboratoires Servier. Une quinzaine de caisses primaires d'assurance-maladie (CPAM) assignent, en tout cas, la firme pharmaceutique en justice pour obtenir le remboursement de la prise en charge des patients victimes de ce médicament, révèle jeudi 10 septembre Le Figaro (réservé aux abonnés). 

Alors que le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) est amené jeudi, pour la première fois, à étudier la responsabilité de l'industriel au regard de la "défectuosité" du Mediator, le quotidien indique que Servier "n'a jamais versé un centime aux caisses primaires d'assurance-maladie".

Un coût "plus proche des 30 millions que des 2 millions"

Le coût de l'assistance aux victimes est pourtant conséquent, et varie de 2 000 euros pour "les dossiers les plus légers" à 40 000 euros pour "les cas les plus lourds", écrit Le Figaro. Au total, la facture est "plus proche des 30 millions que des 2 millions", indique une source proche du dossier. Comble de l'ironie, les patients victimes du Mediator sont parfois traités avec des molécules produites par Servier.

Autre problème : l'industriel a conclu des accords à l'amiable avec au moins 238 patients. Une pratique légale, tant que la Sécu est informée car cela lui permet de continuer à réclamer des remboursements. Ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Les CPAM ont incité les victimes à se faire connaître en leur promettant de ne pas annuler les accords. 

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