Anesthésiste de Besançon : une expertise psychocriminologique alimente le soupçon

Anesthésiste de Besançon : une expertise psychocriminologique alimente le soupçon
Anesthésiste de Besançon : une expertise psychocriminologique alimente le soupçon

Un rapport d’expertise du Dr Péchier, l'anesthésiste suspecté d’empoisonnement, évoque les traits d'une personnalité "complexe" et "organisée sur un mode pervers". Ses avocats le contestent vigoureusement.

L'Est Républicain a publié dimanche des extraits d'une expertise de 44 pages -rédigée fin avril par deux experts à la demande d'une juge d'instruction-, qui présente le Dr. Péchier, un médecin anesthésiste  de Besançon soupçonné d'empoisonnement, comme ayant "une personnalité complexe, organisée sur un mode pervers, avec une composante narcissique".

"De nombreux traits de personnalité et d'événements de vie viennent légitimement alimenter une suspicion quant à son éventuelle culpabilité", selon un extrait publié par le journal sur son site internet. Pour les experts du rapport, cités par le quotidien, "M. Péchier accorde une grande importance au regard des autres" et "les tensions" entre l'anesthésiste et ses collègues ont "probablement favorisé les passages à l'acte".

Une volonté de nuire, selon son avocat

"La seule vocation de cette expertise, c'est de nuire au docteur Péchier et à la prochaine audience devant la chambre de l'instruction", a réagi auprès de l'AFP l'un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer, se disant "consterné" par la diffusion dans la presse du document judiciaire.

"Cette expertise est contestable, aussi bien dans sa qualité que dans son contenu" car les experts se sont appuyés sur des éléments du dossier sans jamais rencontrer M. Péchier, a souligné Me Schwerdorffer. "Je ne sais pas ce qu'est la psychocriminologie. Ce n'est pas une science reconnue, ce n'est pas une science qui fait autorité en matière judiciaire", a-t-il ajouté.

"Il existe d'autres expertises au dossier qui le disent tout à fait normal", a lui rétorqué sur BFMTV, Me Jean-Yves Le Borgne, autre conseil de M. Péchier

17 nouveaux cas d’empoisonnement

L'accusation soupçonne l'anesthésiste d'avoir "pollué des poches de soluté de réhydratation ou des poches de paracétamol avec des anesthésiques locaux ou du potassium" de patients âgés de 4 à 80 ans, alors qu'ils étaient opérés entre 2008 et 2016.

Le Dr. Péchier a été mis en examen jeudi pour 17 nouveaux cas d'empoisonnement de patients, dont sept n'ont pas survécu, et laissé libre sous contrôle judiciaire. Il avait déjà été mis en examen en 2017 pour sept empoisonnements présumés, dont deux mortels.

Il aurait agi "dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues anesthésistes ou chirurgiens", selon le procureur.

La chambre de l'instruction doit examiner dans les prochaines semaines l'appel du parquet contre le placement sous contrôle judiciaire de l'anesthésiste. Le procureur, Etienne Manteaux, avait requis son incarcération après sa mise en examen.

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