États-Unis : le "Lincoln Project" rassemble des républicains déçus par Donald Trump, décidés à soutenir Joe Biden

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À six jours du scrutin présidentiel aux États-Unis, Donald Trump est toujours en retard dans les sondages. Un espoir pour certains militants républicains modérés, qui sont prêts à tout pour éviter un second mandat du président sortant.

Les publicités du Lincoln Project sont surtout diffusées sur les réseaux sociaux. C'est un groupe conservateur, hostile au président sortant et qui, depuis la fin de l'année dernière, lui mène une guerre impitoyable sur Internet, notamment avec des publicités qui décrivent l'Amérique sinistrée de Donald Trump, appelant carrément à voter pour Joe Biden. Ce comité a été créé par d'anciens républicains, et notamment un certain George Conway, qui est un avocat originaire de Boston, ex-membre du parti conservateur, très anti-Trump désormais. Sa particularité : il est le mari de Kellyanne Conway, qui n'est autre que l'ex-conseillère principale de Donald Trump.

Des militants républicains déçus

Dans l'Ohio, il y a un groupe qui s'appelle "L'opération Grant", du nom du 18ème président américain, connu notamment pour avoir œuvré à la réunification des États-Unis après la guerre de Sécession. Là aussi, ce sont des républicains ou d'anciens républicains qui appellent à battre Trump. Comme ce fermier de la ville de Maple dans l'Ohio. Il s'appelle Chris Gibbs. C'est l'ancien patron local du parti dans le comté de Shelby. Il dit qu'il est un vrai conservateur, attaché notamment à la religion et au port d'armes. Et pourtant, Gibbs a rendu sa carte du parti républicain et appelle désormais à voter contre Trump : "Il a échoué en ne respectant pas la décence de cette fonction. Il a échoué sur le commerce et cela a eu des conséquences directes sur mes affaires, ma ferme. Nos relations avec nos alliés, l'Europe, la France. Tout le monde."

Trump a échoué sur tout.

Chris Gibbs, ancien militant républicain

à franceinfo

Est-ce un phénomène marginal, ou le Lincoln Project peut-il avoir de l'écho ? C'est difficile à mesurer, mais quand on parle avec ces déçus de Trump ou ces républicains modérés, ce qu'ils disent c'est que cette élection peut se jouer à la marge comme en 2016, à quelques milliers de voix seulement.

Par exemple, l'Ohio, il y a quatre ans, avait largement plébiscité Trump. Cette année, la course s'annonce beaucoup plus serrée. Dans les tout derniers sondages, Biden est juste derrière le président sortant. Et si ces républicains modérés anti-Trump parviennent à convaincre ne serait-ce que quelques milliers d'électeurs, cela peut suffire pour empêcher Trump d'accéder à un second mandat et permettre au pays de revenir, à leurs yeux, à une gouvernance plus normale et moins populiste. 

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