Etats-Unis : après la défaite électorale, des ennuis judiciaires à l'horizon pour Donald Trump

Si le président sortant finit par reconnaître sa défaite et abandonne le combat politique, il devra rapidement faire face à d'autres soucis, judiciaires et financiers.

La vie d’après, Donald Trump semble l’appréhender : le 19 octobre, lors d'un meeting en Géorgie, il avait réfléchi tout haut à l'éventualité d'une défaite électorale face à Joe Biden. Et il imaginait une solution radicale : "Pouvez-vous imaginer si je perds ? Je devrai dire que j’ai perdu contre le pire candidat de l’histoire de la politique ! Je le vivrai mal… Peut-être que je devrai quitter le pays…"
 
Cela ressemble à une plaisanterie, mais les perspectives de la période qui s'ouvre aux Etats-Unis ne sont effectivement pas réjouissantes pour Donald Trump. S'il finit par concéder la défaite, après le 20 janvier et l’investiture de Joe Biden, l'ex-président sera vulnérable et la justice pourrait passer par là.

Deux enquêtes en cours

Première enquête : celle menée par la procureure de l’Etat, Letitia James. Elle cherche à déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs, pour obtenir des prêts et des avantages fiscaux. Le président de la holding est depuis 2017 l'un des fils de Donald Trump, Eric, 36 ans. Il a déjà témoigné sous serment et avec beaucoup de réticence. C'était le 5 octobre dernier, avant l’élection, et il avait dénoncé "une perpétuelle vendetta politique." Cette enquête se déroule au civil : si elle aboutit, pas de prison donc mais de lourdes pénalités financières.

Seconde enquête, pénale cette fois : initiée par le procureur démocrate de Manhattan, Cyrus Vance, elle s'intéresse à de possibles faits de fraude fiscale, d'escroquerie à l'assurance et manipulations comptables. Donald Trump a été mis en demeure de fournir huit ans d’archives comptables. La Cour suprême a donné son feu vert en juillet mais depuis les avocats de Donald Trump manœuvrent avec la justice pour éviter de dévoiler ces documents.

Impôts non payés et dettes à régler 

En septembre, à quelques semaines de l’élection, le New York Times affirmait dans une série d'articles que Donald Trump n'avait payé que 750 dollars d’impôts sur le revenu au niveau fédéral en 2016 et 2017, et aucun impôt lors de 10 des 15 années précédentes. "Information bidon" selon Donald Trump, mais il refuse obstinément de publier ses déclarations d’impôts, à l'inverse de ce qu'ont toujours fait ses prédécesseurs. Pour que le président sortant soit inquiété sur ce point, il faudrait que le ministère de la Justice décide d'agir et enquête sur des soupçons d’évasion fiscale. Une décision très politique, qui sera dans les mains de Joe Biden.

Donald Trump est par ailleurs lourdement endetté, des centaines de millions de dollars à trouver dans les mois qui viennent. Il lui faudra peut-être renouer avec la télévision : son émission The Apprentice était une source de revenus très significatifs pour lui. Et dans l’émission, c'est lui qui mettait les gens à la porte...

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