Cap sur les îles Åland

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Cet archipel composé d'environ  6700 îles se trouve dans la mer baltique, entre la Suède et la Finlande. Reportage.

Frange brune, regard bleu perçant trempé dans la Baltique,
Gabriella notre guide nous accueille dans le tout petit
aéroport de Mariehamn la capitale des îles Aland.

Après 45 minutes de vol
depuis Helsinki en Finlande, nous foulons la terre de Fasta Aland.

C'est l'île
principale de cet archipel aux côtes rocheuses, où l'on se sent si proche et si
loin du monde.

Mi-septembre, le climat est doux. Même si la pluie fait des
claquettes sur le pare-brise de Gabriella. "Les premières gouttes après un été
magnifique" s'empresse-t-elle de préciser. Car ici, le thermomètre peut grimper jusqu'à
25 degrés en juillet/août.

" Nous sommes près de 29.000 habitants sur
l'archipel dont 11.000 vivent à Mariehamn, la capitale ",
ajoute-t-elle.

Et l'été jusqu'à un million de touristes débarque sur les
îles Aland. Des scandinaves pour la plupart venus se ressourcer sur ce bout de
campagne entouré d'eau.

" Si vous allez d'un bout à l'autre de l'île
principale il faut compter 30 ou 40 km de l'ouest à l'est et du sud au
nord ".

Le long de la route, des sapins, des pins et des pommiers. Environ
6700 îles composent cet archipel autonome et démilitarisé qui bénéficie depuis
1921 du statut d'état libre associé à la Finlande.

Une sorte de Monaco de la
Baltique qui possède son propre parlement, son domaine internet, ses timbres,
ses plaques d'immatriculation et même son représentant au parlement
européen !

Avant d'être cédées aux Russes en 1809, les îles Åland
faisaient partie du royaume de Suède. Les maisonnées rouges et jaunes rappellent
la Suède dont les îliens se sentent très proches culturellement. D'ailleurs 97%
d'entre eux parlent le suédois.

" Les îliens regardent d'ailleurs la
télévision suédoise et écoutent de la musique suédoise ",
explique Gabriella.

Et curieusement, alors que l'île possède son propre drapeau c'est
bien celui de la Finlande que les habitants supportent quand il s'agit de compétition
sportive de haut niveau.

Nous voici donc à Mariehamn la seule ville des îles Aland
entourée par deux ports reliés par une longue avenue bordée de tilleuls.

Avec
une rue principale quasi déserte, la capitale est calme, très calme. Le mot
embouteillage ? Inconnu au bataillon.

Les poumons gonflés d'air marin... on respire. Direction le musée maritime où des enfants s'amusent à bord
d'une maquette de voilier. Entre deux portraits noir et blanc de vieux navigateurs
du pays, on se délecte à sentir, à toucher le bois patiné d'une authentique cabine
de bateau du 19ème siècle dont le plancher craque sous nos pas. Bel
hommage à la gloire passée des îles Aland qui jadis possédaient la plus grande
flotte de bateaux de commerce en bois. Pour transporter notamment des graines.

Entre le peuple Alandais et la mer, c'est une histoire
fusionnelle selon la directrice du musée, Anne Hagmar-Cooper.

" Navigateur, c'est le premier métier exercé
par les hommes sur l'île mais ce n'est pas simplement
l'industrie commerciale en tant que telle qui compte. Ce qui importe c'est
aussi la mer en tant qu'élément, vous savez ici quand vous êtes déprimé, vous allez
voir la mer, cela vous donne de la force, de l'inspiration. Je crois que l'eau
salée coule dans nos veines ".

La musique coule aussi dans les veines des îliens. "On peut naviguer sans vent mais on ne peut se séparer
d'un ami sans pleurer "...
C'est ce que raconte cette ancestrale chanson folk
médiévale des îles Aland interprétée par Ella Grussner, une sirène au teint
diaphane et à la longue chevelure de feu.

Ella Grussner est violoniste et chanteuse. Elle est native de
l'île et vit dans le hameau de Saltvik. Avec sa sœur, elle a monté un groupe, "les filles du loup".

Ella est aussi sommelière, enseigne l'œnologie et dans le
même temps elle a réaménagé avec son mari anglo-finlandais une charmante maison
d'hôte où elle nous reçoit. Il n'est pas rare ici que les îliens cumulent
plusieurs activités pour s'adapter aux longs et rudes hivers.

"Les changements de saison sont assez brutaux. L'été c'est une île très attrayante. Mais quand l'automne et l'hiver arrivent, il y a de l'écho ici et on se demande "hello! Mais où sont les habitants?" D'un côté, c'est petit et isolé, de l'autre nous sommes proches des grandes villes qui peuvent nous transporter dans le reste du monde. Nous mettons trois heures pour aller à Stockholm en Suède avec le ferry puis le bus et bien sûr vous pouvez prendre un avion... quand il y en a !", raconte Ella Grussner.

Un peu plus tard, on roule paisiblement à travers une forêt
pour rejoindre le hameau de Geta. Au bout de 6 km, la lumière de l'hôtel
Havsvidden... On débouche sur la mer décor sauvage, inattendu, magnifique.
C'est ici que nous allons passer la nuit à l'extrémité nord de l'île dans un
lodge juché sur une falaise de granit rose au milieu des bois.

Le lieu libère l'imaginaire. Alors on repense à ce lapin croisé
un peu plus tôt sur la route et qui nous a guidés sur 500 mètres. Il ne portait
ni redingote, ni montre à gousset mais il avait peut-être les yeux roses ?
Comme dans Alice au pays des merveilles, on s'imagine être tombé à notre tour
dans un terrier magique, celui des îles Aland...

Suite de la balade mardi 22 octobre.

VISITALAND

LA GUESTHOUSE D'ELLA GRUSSNER

L'HÔTEL HAVSVIDDEN

LE MUSEE MARITIME DE MARIEHAMN