Vous en parlerez aujourd'hui. Un rapport épingle les méthodes des députés pour assurer leurs présences à l'assemblée

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Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, une étude montre les stratagèmes utilisés par les députés pour monter qu'ils travaillent à l'Assemblée nationale.

Afin de lutter contre l'antiparlementarisme, le projet Arcadie détaille le vrai temps de travail des députés mais également des techniques insolites pour donner l'illusion du travailleur acharné. La fondatrice du projet Arcadie, Tris Acatrinei, et le journaliste indépendant Nicolas Quénel ont scruté les réflexes de 100 députés volontaires et se posent une question assez simple, pourquoi mon député n’est pas présent dans l’hémicycle ? C’est vrai que parfois quand on regarde les séances, on se dit qu'en France, il y a trois vents : le mistral, la tramontane et l’Assemblée nationale. Mais ce n’est pas parce qu’on ne le voit pas qu’il ne travaille pas.  

Une chose à savoir : les séances dans l’hémicycle ne suspendent en rien les autres travaux parlementaires. Pendant ce temps-là, on continue le travail en commission, les réunions de groupes, les commissions d’enquêtes, les commissions spéciales, sans compter le travail en circonscription, le temps de transports, un petit Alexandre Benalla à auditionner de temps en temps... C’est sûr que la présence dans l’hémicycle est un petit peu le supplément chantilly : parfois, on passe.

La méthode dite "du suricate" a fait ses preuves

Mais les auteurs de ce rapport ne sont pas non plus des béni-oui-oui et constatent aussi les techniques de certains députés qui veulent absolument montrer qu’ils sont présents. Plusieurs techniques : porter un vêtement voyant voire moche mais clinquant qui passe mieux à la caméra.

Ensuite, le stratagème du député suricate  : il s'agit de se lever et de passer une tête derrière l'orateur prenant la parole. Ou alors la technique dite de "la moule à rocher" qui consiste à se rapprocher des micros dans l’hémicycle afin d’être entendu et enregistré, lorsque l’on critique l’intervention d’un collègue. Par exemple : "Madame la ministre, au nom de mon groupe, je tenais à vous signaler mon inquiétude quant à votre réforme des retraites" , voilà un exemple de "la moule à rocher" dans l’océan parlementaire.

Autre technique : déposer des amendements “fantômes”, que personne ne défend. Sur les 80 840 amendements déposés, 15% sont indiqués comme non renseignés et 18% ne sont pas soutenus. Demander un rapport ou la suppression d’un article est un autre moyen d’accroître sa productivité “facilement”. Les auteurs du rapport préconisent des efforts de communication de la part de l’assemblée. Dire qu’ils ressemblent à des suricates, ça les rendra plus populaires.  

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