Vous en parlerez aujourd'hui. Un "hijab de running" en vente chez Decathlon fait polémique

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Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la vente par une chaîne de magasins de sports d'un hijab au Maroc et peut-être bientôt en France.

Decathlon est sous les feux des critiques depuis la découverte sur son site de vente en ligne d'un "hijab de course". Destiné au marché marocain, le vêtement pourrait très bientôt être disponible dans l'Hexagone. C'est un vêtement pour garder les cheveux et la nuque cachés, composé de polyester et disponible en trois tailles. Il ne bouge pas pendant la course et surtout, il est validé pour son confort et sa respirabilité. Voilà la description de ce produit sur le site de Decathlon qui a mis le feu aux poudres. Enfin, pas vraiment la description, mais plutôt l’objet en lui-même puisqu’il s’agît d’un hijab, le voile que porte certaines femmes musulmanes et que certaines sportives n’hésite pas à arborer. Une annonce repérée par de nombreux médias français dont Le Figaro qui va donner un gros chaud à la direction de Decathlon.

Sphère publique ? Sphère privée ?

Au départ, les responsables de la marque de vêtements de sports explique qu’il s’agit d’une erreur. Ce hijab ne serait disponible à la vente que sur le site marocain de Decathlon, et pas du tout pour la France. Mais quelle drôle d’idée. Et puis, à force d’insistance de nos confrères, on apprend que l’enseigne pourrait bien commercialiser un hijab de sport d’ici le printemps. S’en est suivi une avalanche de réactions. Est-ce du prosélytisme religieux ? Un droit pour celle qui le porte ? Sphère privé, sphère publique ? Des questions récurrentes.

À droite, Lydia Guirous, porte-parole des Républicains, dénonce "l'islamisme qui ne tolère les femmes que la tête voilée". Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée, appelle au boycott de la marque. Si vous êtes là juste pour une tente Quechua, vous n’êtes pas obligé de vous positionner.

Pourquoi Decathlon commercialiserait un hijab en sachant que tout ce qui touche au voile est inflammable en France ?

En 2017, une publicité pour Nike présentait un hijab de sport avec ce slogan : "What will they say about you ?" (Que vont dire les gens ?). Nike s’engouffrait dans le très juteux marché de la mode musulmane, ou "mode modeste" selon l’appellation des experts (en anglais, "modest" veut aussi dire "pudique"). Pour le Global Islamic Economy Report, les dépenses des musulmans consacrées aux vêtements ont atteint 270 milliards de dollars en 2017, et devraient continuer d'augmenter dans les années à venir, atteignant 361 milliards de dollars en 2023. Decathlon ne compte pas rester sur le bord du chemin.

Porté par de nombreuses sportives, le hijab est dénoncé par beaucoup, comme par exemple Elisabeth Badinter ou l’ancienne ministre Laurence Rossignol qui parle, elle, d’un prolongement de la soumission de la femme et critique cette banalisation.

À noter tout de même la part d’instrumentalisation de certains journaux concernant le sujet. On critique Decathlon qui met un hijab en vente sur son site mais on vante, comme dans Le Figaro Madame de janvier 2016,  la collection hijab Dolce & Gabbana pour ses clientes au Proche et Moyen-Orient, en donnant même les comptes Instagram des meilleures "hijabistas", les porteuses de voiles les plus branchés. Oh ! mais là-bas, c’est pas pareil.... Allez, à fond la forme !

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