Vous en parlerez aujourd'hui. L'Assemblée nationale repousse, finalement, la fabrication de pesticides à 2025

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Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, l'Assemblée nationale décide de repousser de trois ans l'interdiction de fabrication des pesticides.

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2025 au lieu de 2022. En pleine mobilisation pour le climat, l'Assemblée nationale a repoussé de trois ans l'autorisation de fabrication de pesticides en France, face à la pression des fabricants et les risques de plans sociaux. 

Vendredi 15 mars, il y a eu des manifestations de collégiens et lycéens pour le climat et samedi, il y a eu "La marche du siècle", pour le climat, avec les mêmes slogans. L’écologie est une affaire de recyclage. Et entre ces deux évènements, l’Assemblée nationale a repoussé de trois ans l’interdiction de la fabrication en France de certains pesticides. Le tout, dans la vie, comme en politique, c’est d’avoir le sens du rythme, le fameux "timing". Être une sorte de Gene Kelly du pesticide.

On a fait face au nuage de Tchernobyl, on peut faire face à un nuage de pesticides

Dans le cadre de la loi Pacte, relatif à la croissance et la compétitivité des entreprises était discuté un amendement concernant la fabrication de pesticides. En novembre, la loi alimentation inscrivait le fait  d'interdire après 2022 la fabrication sur le sol français de certains pesticides vendus en dehors de l'Union européenne. Mais le Sénat (à majorité de droite) avait décidé de suspendre cette disposition. Et il a été suivi par l’Assemblée nationale avec une abstention remarquée, celle de l’ancienne secrétaire d’état à la biodiversité et aujourd’hui député LREM , Barbara Pompili. L’idée c’est de continuer à produire et à vendre à l’étranger ce que l’on ne trouve pas très bon pour nous. Hors des frontières de l’Union Européenne, c’est le "continent discount". On peut tout y refourguer, sans penser que ces pesticides utilisés pourraient laisser des traces chez nous avec la pollinisation, mais ça, il y a peu d’inquiétude, on a déjà fait face au nuage de Tchernobyl, on peut très bien faire face à un nuage de pesticides.

En fait, l’argument utilisé par les sénateurs comme les députés, c’est ne pas fragiliser une filière puisque selon les industriels des phytosanitaires, plus de 2 700 emplois direct et 1 000 emplois indirects seraient mis en péril en France par l’interdiction de fabrication. Promettre une chose et de ne pas la faire, c'est habituel mais quand on a imposé la ceinture de sécurité, le lobby des pompes funèbres nous a-t-il inquiété ? Bientôt quand vous vous promènerez dans un champ à l’étranger, respirez fort : ça sent la France.

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