Vous en parlerez aujourd'hui. Comment le scandale des opiacés aux Etats-Unis rebondit jusqu'au musée du Louvre

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Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, un mécène du Louvre impliqué dans le scandale sanitaire des médicaments opioïdes, aux Etats-Unis.

Que trouve-t-on au musée du Louvre ? La Joconde, la Victoire de Samothrace, quelques Fragonard, des perches à selfie... et un Sackler. Sackler, comme le nom de cette aile du Louvre abritant les antiquités orientales, et notamment, des pièces de l’ancienne Perse. Une dizaine de salles en tout. Sackler, c’est le nom d’une famille américaine richissime qui en 1996, n’hésite pas à donner 10 millions de francs à l’institution parisienne. En échange, son nom est affiché en lettres dorées à l’entrée d’une des nombreuses collections du musée le plus le plus visité du monde.

Jusque-là, rien de nouveau. Sauf que Sackler se trouve sous le feu des critiques en raison de son implication de la crise des opioïdes qui provoque une hécatombe aux Etats-Unis. Lundi 1er juillet des manifestants ont donc investi les bassins devant la pyramide du Louvres et les pieds dans l’eau ont demandé au Louvre de rebaptiser l’aile Sackler aux noms des victimes. À la pointe de ce combat, la photographe Nan Goldin, ancienne accro aux opioïdes.

>> VIDEO. Crise des opiacés aux Etats-Unis : les Sackler, des philanthropes accusés d'être des empoisonneurs

Afin de bien comprendre cette affaire, prenons notre DeLorean et faisons un petit retour en arrière. Depuis les années 90, les opioïdes sont un des constituants de médicaments très populaires aux Etats-Unis pour lutter contre la douleur. Le laboratoire qui tire son épingle du jeu est celui de la famille Sackler. Problème, des prescriptions et des doses trop fortes dans la composition, notamment de l’OxyContin, entraînent une forte dépendance et de nombreux décès.

Trump a déclaré l'urgence nationale

La crise des opioïdes devient un scandale sanitaire majeur outre-Atlantique, au point qu’en 2017, Donald Trump déclare l’urgence nationale sur ce sujet. Au total, 100 000 Américains seraient décédés des conséquences d’une trop grande dépendance aux opioïdes. Récemment une centaine de médecins et de professionnels de santé ont alerté dans une tribune sur un risque similaire en France et en Europe. On attend la réaction des autorités.

La famille Sackler, comme beaucoup de riches entrepreneurs, aime l’art. La fréquentation du beau donne l’impression de faire pour son prochain et d’oublier un peu le sale. On trouve le nom Sackler au Metropolitan Museum à New York ou au Guggenheim de la Grosse Pomme mais cela risque de se terminer. En effet, la Tate Modern à Londres a été la première institution à refuser un financement de la part de la famille Sackler et beaucoup, dans le monde de l’art, se demandent si l’argent de la famille new-yorkaise est encore acceptable. Le futur risque d’être violent pour le fabriquant d’anti-douleurs.

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