King Arthur à l'Opéra Royal de Versailles

A Versailles, l'Opéra Royal reprend King Arthur de Purcell, interprété par Le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet, dans une mise en scène de Corinne et Gilles Benizio, plus connus sous le nom de Shirley et Dino.

Inauguré le 16  mai 1770 pour le mariage de Louis XVI et de Marie Antoinette, l'Opéra Royal
de Versailles est situé à l'extrémité de l'aile nord du château. En raison de coûts de fonctionnement élevés et des évènements révolutionnaires, cet opéra a très peu été utilisé jusqu'au XXe siècle, ce qui a permis de préserver son extraordinaire décor.
Sa principale caractéristique est d'avoir été entièrement construit en bois, de la scène à la salle où le
spectateur prend place entre dorures et lustres en cristal dans un décor en trompe l'œil : les colonnes de marbre sont ainsi en bois chevillé.

Dans cette salle, l'histoire se rappelle aux spectateurs avec la loge royale, située face à la scène. Louis XV avait fait construire cette loge fermée par des grilles pour voir les spectacles sans être vu. La scène, qui fut longtemps la plus grande de France, a conservé ses caractéristiques d'origine. Elle possède notamment un plancher en pente qui permettait de surélever le fond des décors pour renforcer la perspective. La machinerie scénique a également été préservée. Le niveau le plus spectaculaire est situé sous la scène soutenue par une forêt de poutres de bois, et percée de trappes pour faire apparaitre ou disparaitre les décors.

C'est sur cette scène de l'Opéra Royal de Versailles, qu'est repris
"King Arthur" de Purcell dans une mise en scène de Shirley et Dino,
que l'on n'a pas l'habitude de voir dans ce registre. Leur King Arthur n'a évidemment rien
d'académique. .Si le concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet et les chanteurs restent fidèles
à la partition, Shirley et Dino ont déployé toute leur fantaisie, toute leur
drôlerie dans la mise en scène, avec la complicité des interprètes. Le duo qui ne s'est rien interdit assure également des intermèdes totalement décalés lors des changements de décor