Vladimir Poutine se rend au Vatican pour la 6ème fois

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Le président russe Vladimir Poutine doit rencontrer le pape François ce jeudi 4 juillet au Vatican, et il connaît bien les lieux. 

C’est probablement un record. Aucun chef d’Etat en exercice dans le monde ne peut sans doute se prévaloir d’autant d’audiences auprès du Pape. C’est un signe de la longévité de Vladimir Poutine, évidemment, puisque la première rencontre date de l’an 2000. lLe Pape s’appelait alors Jean-Paul II. Mais c’est aussi un signe de l’attention que porte le Vatican à l’influence de Moscou, et c’est particulièrement vrai de la part du pape François car ce le 4 juillet, ce sera la troisième fois en 6 ans qu’il accorde une audience au président russe.

Les échanges sont généralement longs, près d’une heure la dernière fois, ce qui est beaucoup pour une audience papale. Il ne faut pas en déduire pour autant que les relations entre les deux hommes sont bonnes. Lors de leur dernier entretien, le Pape était apparu tendu, peu souriant. Visiblement soucieux de ne pas apparaître à tu et à toi avec Vladimir Poutine.  

Le conflit en Ukraine au centre des discussions

Lors de cette audience prévue à 13h15 le 4 juillet, il sera sans doute question de certains sujets de société, comme les droits des minorités ou l’immigration. Les deux hommes ne partagent pas du tout le même avis sur le traitement des migrants. Le Pape est également sollicité pour défendre la cause des civils bloqués dans la ville syrienne d’Idlib, assiégée par les troupes de Bachar al Assad, soutenues par Vladimir Poutine.

Mais le sujet numéro un, c’est la situation politique en Ukraine. Il est probable que le Pape lance un nouvel appel à l’arrêt des hostilités et à la mise en place de corridors humanitaires. Rappelons que depuis cinq ans, le conflit dans l’est de l’Ukraine a déjà fait plus de 13 000 morts. Il est moins intense évidemment qu’au début, mais il reste larvé, avec des accrochages et des morts quasiment chaque semaine, sur un front qui s’étend sur près de 400 kilomètres.

Et les sécessionnistes de l’est de l’Ukraine ont l’appui de Moscou, bien qu’officiellement Vladimir Poutine s’en défende. Ici ou là, ces derniers jours, on a constaté des amorces de retrait de part et d’autre de la ligne de front. Mais cela reste timide, et le sujet est au centre des élections législatives prévues dans un peu plus de deux semaines en Ukraine.  

Les bons offices du Vatican sur le schisme religieux des orthodoxes

L'autre question surveillée par le Vatican comme l’huile sur le feu, c’est l’instabilité religieuse en Ukraine. On vous l’avait annoncé ici-même il y a quelques mois : un schisme s’est bien produit au début de l’année dans le pays. L’Eglise orthodoxe s’est coupée en deux, entre un Patriarcat de Kiev devenu autonome, et un autre Patriarcat resté fidèle à Moscou. Cette scission religieuse, la première du genre au sein de la chrétienté depuis 10 siècles, n’est pas acceptée par les Russes, et elle crée des tensions régulières en Ukraine.

Le Vatican essaie de jouer les missions de bons offices. En effet, le Pape est désireux de poursuivre le rapprochement engagé avec l’Eglise orthodoxe, initié en 2016 à Cuba lors d’une rencontre entre François et le Patriarche russe Kiril, qui est un proche de Vladimir Poutine. Il y a donc une partie d’échecs un peu compliquée pour le Vatican : critiquer Moscou sur l’aspect militaire du conflit en Ukraine, sans se brouiller avec Moscou sur l’aspect religieux.  

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