Une nouvelle année sous haute tension à venir entre les États-Unis et l'Iran

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Après une année pleine de conflits, 2020 promet d’être encore semé d’embûches entre Téhéran et Washington.

L'année 2019 se termine avec une dernière passe d'armes entre Américains et Iraniens. Les frappes de l'armée américaine en Irak et en Syrie contre des bases de milices chiites pro-iraniennes montrent une nouvelle fois que la tension n’a pas faibli entre l’Amérique de Donald Trump et la République islamique de l’ayatollah Khamenei.

Donald Trump rétablit les sanctions contre l'Iran

La crise entre Américains et Iraniens s’est accélérée au printemps 2018, quand Donald Trump a décidé de retirer les États-Unis de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Depuis lors, les incidents, plus ou moins graves, se sont multipliés cette année un peu partout au Moyen-Orient, principalement dans le Golfe persique.

On se souvient des sabotages de pétroliers dans le détroit d'Ormuz, de l'arraisonnement de tankers iraniens, de la destruction d'un drone américain par la défense iranienne, de l'attaque drones/missiles contre les installations pétrolières saoudiennes, sans parler de la cyber-guerre qui fait rage en coulisses, tout cela sur fond d'effondrement de l'économie iranienne à cause des sanctions américaines.

Au final, l'année 2019 laisse un héritage explosif pour la nouvelle année, car rien n’est réglé entre les États-Unis et l’Iran. Bien au contraire. Le bras de fer irano-américain se joue désormais dans tout le Moyen-Orient.

Un calendrier 2020 à haut risque

En privé, un diplomate d'une monarchie du Golfe explique que "l'objectif pour 2020 ne vise pas à trouver une solution mais à éviter une escalade incontrôlable et à maintenir la crise actuelle dans des limites gérables." Car en 2020, le calendrier s’annonce d’ores et déjà à haut risque : Téhéran doit mettre en oeuvre, le 6 janvier prochain, la cinquième phase de son retrait de l'accord de Vienne, ce qui promet de plomber encore un peu plus le climat international.

Quelques semaines plus tard, à la fin du mois de février, les électeurs iraniens seront appelés à renouveler leur parlement, le Majlis. C'est peu dire que les durs du régime ont le vent en poupe face à un camp des modérés et des réformateurs en complète perte de vitesse. Là encore, il faut s'attendre à un raidissement côté iranien, avec une République islamique de plus en plus "bunkérisée".

Des élections cruciales aux États-Unis

Quant aux États-Unis, le pays sera en 2020 en pleine campagne électorale présidentielle. Si d'aventure Donald Trump était réélu le 3 novembre prochain, il pourrait être tenté d'être plus agressif contre l'Iran, cette fois-ci, pas seulement sur le plan économique mais aussi sur le plan militaire. Le président américain aurait alors quatre années supplémentaires devant lui pour tenter de faire rendre gorge à la République islamique.

S'il était battu, la nouvelle administration démocrate pourrait changer de cap et s'engager dans une voie moins conflictuelle, mais rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, le climat pour 2020 entre Iraniens et Américains restera hautement volatile et inflammable, comme l'a montré leur récente escarmouche en Irak et en Syrie. Dernier coup de sang pour clore 2019.

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