Une imposante caravane de migrants s'est constituée en Amérique Centrale, direction les Etats-Unis

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C'est la cinquième fois que ça se produit en 15 mois et le groupe, parti du Honduras, pourrait grossir en traversant le Guatemala direction le Mexique.

C’était mercredi 15 janvier à la frontière du Honduras et du Guatemala: une foule franchit en courant la frontière, sans s’arrêter au poste de douane. En quelques heures, selon les décomptes des services d’immigration du Guatemala, 2 247 personnes sont entrées dans le pays, sans visa, sans contrôle, à travers deux postes-frontières. Toutes viennent du Honduras, au sud-est, et disent vouloir se rendre aux Etats-Unis. Le flot pourrait se densifier, pour constituer la plus importante "caravane de migrants" que la région ait connue. C’est donc la cinquième fois en 15 mois que le phénomène se produit : le plus gros cortège, jusqu’à présent, avait compté environ 2000 personnes en octobre 2018. Sur les images des télévisions du Honduras et du Guatemala, on voit beaucoup de familles, avec des enfants parfois en bas âge, dans des poussettes. Tous progressent à pied, munis uniquement de petits sacs à dos et en brandissant le drapeau blanc et bleu ciel du Honduras.  

Fuir la violence et la pauvreté du Honduras

Cela recommence parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets. En l’occurrence, il s’agit de la situation économique et sociale dans ce pays qui fait à peu près la taille de deux régions françaises et compte 9 millions d’habitants.   Le Honduras est rongé d’abord par la violence : les vols et les homicides sont fréquents en particulier dans le nord du pays, où les gangs font la loi. Et puis il y a le chômage endémique. Officiellement, 5% de chômage. Mais les chiffres sont faux. Selon l’association des économistes du pays, seulement un habitant sur trois travaille à temps plein. Donc les Honduriens fuient la violence et l’absence de perspective économique. Il n’y a aucune raison que ça s’arrête. Ils prennent le chemin de l’exode. Un chemin interminable : plus de 2500 km à pied, cap au nord jusqu’à la frontière des Etats-Unis, via le Guatemala puis le Mexique. C’est la distance Paris-Moscou. C’est dire aussi à quel point ils sont désespérés.  

Des soldats mexicains sur la route

Et il est peu probable qu’ils arrivent à destination parce que les écueils sont nombreux sur la route. Ces derniers mois, les Etats-Unis de Trump ont conclu des accords avec le Guatemala et le Mexique pour qu’ils ne laissent pas passer ces migrants. Certains ont déjà été arrêtés ce jeudi 16 janvier, au Guatemala. Mais le nouveau président guatémaltèque, Alejandro Giammattei, qui vient de prendre ses fonctions, est très critique vis-à-vis de ces accords migratoires. Il va donc peut-être laisser passer la caravane. Ce sera plus compliqué à la frontière avec le Mexique. Les autorités mexicaines, qui ont tenu une réunion d’urgence sur le sujet, annoncent leur intention de refouler ces migrants. Et elles ont déployé 25 000 soldats le long des frontières. L’affaire pourrait donc mal tourner. Il faut dire que le Mexique compte déjà des dizaines de milliers de réfugiés du Honduras bloqués sur son sol. Tout cela ressemble fort à une impasse.  

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