Un rapport de l'ONU accuse la Birmanie d'intention de génocide envers les Rohingyas

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Ce pays d'Asie du Sud-Est est à nouveau sur la sellette : un rapport de l’ONU qui sera rendu public le 17 septembre à Genève estime que la minorité musulmane Rohingya y est menacée de génocide.

Chacun se souvient de ces images impressionnantes des réfugiés Rohingyas fuyant la Birmanie par centaines de milliers. C’était il y a deux ans. Deux ans après, non seulement rien n’est réglé mais ça empire. Les trois enquêteurs de l’ONU chargés du dossier tiendront une conférence de presse ce mardi 17 septembre à Genève, mais on connaît l’essentiel de leurs conclusions. Ils affirment donc que la situation se dégrade. Les Rohingyas, rappelons-le, sont une minorité musulmane, il en reste 600.000 dans cette Birmanie de 55 millions d’habitants à majorité bouddhiste. Et pour le principal rapporteur de l’enquête, Maruzka Daruman, ces 600.000 personnes sont clairement menacées de génocide. Il y a un an, l’ONU parlait déjà « d’actes génocidaires ». Cette fois ça va plus loin : il y aurait, je cite, « une intention génocidaire » de l’Etat birman, « une attaque délibérée et systématique » contre cette minorité. Avec, à la clé, des meurtres, des viols y compris des viols collectifs, des déplacements forcés, le recours à la torture et le contrôle des naissances. Le tableau dressé par le rapport de l’ONU est terrifiant.

Le retour impossible depuis le Bangladesh

Les Rohingyas qui ont fui vers le Bangladesh voisin il y a 2 ans sont encore plus nombreux : 750.000 ! Et comme il y en avait déjà 200.000 auparavant, ça veut dire que le Bangladesh, compte un million de réfugiés rohingyas sur son sol ! Pour la plupart, ils vivent dans des camps de fortune. Problème : le Bangladesh est déjà surpeuplé. Il ne parvient pas à faire face, d’autant que l’aide internationale arrive à pas comptés. A la mi septembre, seulement 37% des dons promis par la communauté internationale pour 2019 ont été versés. Le Bangladesh n’a donc qu’une hâte : que les Rohingyas rentrent chez eux en Birmanie. Fin août, une tentative a d’ailleurs été effectuée, une proposition de retour a été faite par la Birmanie. Pas un seul réfugié ne s’est présenté. Ca se comprend, vu ce qui les attend s’ils rentrent, parce qu’en plus, entre temps, leurs habitations ont le plus souvent été détruites : 200 villages ont été rayés de la carte selon l’ONU.  

L'hypothèse d'un procès devant la Cour pénale internationale

Les enquêteurs de l’ONU préconisent des sanctions de deux ordres. D’abord ils demandent des sanctions commerciales, envisagées contre les deux grandes entreprises contrôlées par l’armée birmane, notamment la Myanmar Corporation.   Ensuite ils réclament des poursuites judiciaires devant la Cour Pénale Internationale, puisque la Birmanie est signataire de la convention de 1948 sur le génocide. L’an dernier, les enquêteurs avaient déjà identifié 6 généraux birmans passibles de poursuites. Ils posséderaient maintenant une liste de 100 suspects. Et les motifs sont donc les plus lourds qui soient : génocide, crimes de guerre, crimes contre l’Humanité. En plus, l’ONU a déjà eu l’occasion de le dire, l’ex prix Nobel de la paix Aung Saan Suu Kyi, désormais membre du pouvoir birman, est soupçonnée, à tout le moins, de fermer les yeux sur cette situation.    

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