Sous les eaux, l'Iran dénonce l'embargo américain

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En proie à des inondations historiques, l'Iran accuse Washington de freiner l'aide humanitaire.

Des torrents de boue qui dévalent dans les rues, plusieurs rivières qui sortent de leur lit, plus de 80 ponts fermés ou détruits, de nombreux barrages fragilisés, des champs transformés en lac. Les images sont impressionnantes, en particulier les images prises d’hélicoptère : l'Iran fait face à ses pires inondations depuis 70 ans. Et cela dure depuis plus de deux semaines.

Le bilan humain est déjà très lourd : 77 morts et plus de 80 000 personnes évacuées vers des camps de fortune. 200 villages sont sous les eaux. 26 des 31 provinces iraniennes sont touchées. Et le pire c’est dans le sud-ouest du pays, près de l’Irak et du Koweït. La grande agglomération d’Ahvaz, qui compte plus d’un million d’habitants, est en état d’alerte. De nouvelles évacuations sont envisagées. Et la frontière avec l’Irak est fermée. Les récoltes agricoles sont en grande partie détruites et les habitants sont privés de gaz, d’eau, d’électricité. Le paradoxe c’est que l’Iran est en proie depuis plus de dix ans à la sécheresse. Mais ces pluies violentes et très localisées ne vont même pas résoudre ce problème.  

Une aide humanitaire freinée

Et une controverse politique s'en suit : le gouvernement iranien accuse les Etats-Unis de freiner l’aide humanitaire. Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a dénoncé ce qu’il appelle "le terrorisme économique américain".   Washington, on le rappelle, a placé l’Iran sous embargo pour contraindre Téhéran à rouvrir la négociation sur le nucléaire. Et toutes les transactions en dollars sont rendues impossibles. Du coup, l’Iran a bien du mal à se financer pour dégager l’aide humanitaire nécessaire. Sous l’effet de l’embargo, les ressources générées par le pétrole ont été divisées par deux. Et Téhéran ne dispose pas vraiment de fonds d’urgence pour faire face à ce genre de catastrophe naturelle. L’armée a bien été déployée pour venir en aide aux sinistrés, quelques pays comme le Pakistan ou l’Allemagne ont offert une aide matérielle (des médicaments, des tentes, des canots pneumatiques) mais cela paraît bien insuffisant pour aider les zones sinistrées à se relever.   

Une déforestation lourde de conséquences

D’abord, il y a une faible coordination des opérations de secours et un sous-investissement chronique dans le secteur des assurances : en Iran, les habitations pour la plupart n’ont pas de couverture contre l’incendie ou les risques naturels. Et surtout il y a une sous-estimation de la question climatique et environnementale. Un exemple : la déforestation massive effectuée depuis 30 ans dans le pays. Conséquence directe sur les inondations : le ruissellement des eaux, la propagation de l’eau en cas de forte pluie, sont en effet accélérés. Et comme on le sait bien désormais, ces phénomènes climatiques extrêmes de pluies violentes et localisées sont appelés à se multiplier.        

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